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Justice

Amine Kessaci évoque le souvenir de son "grand frère protecteur" au procès du triple narchomicide

2min

Par Maritima 28/10/2026 à 14:04

Amine Kessaci, figure de la lutte contre le narcotrafic à Marseille, a commencé mercredi à déposer à la barre de la cour d'assises, qui juge les meurtriers présumés de son grand frère qu'il a décrit en aîné protecteur pour sa famille.

Le témoignage du militant de 23 ans, désormais adjoint au maire de Marseille et qui vit sous protection policière, est l'un des plus attendus du procès qui a débuté à Aix-en-Provence le 19 octobre pour juger un triple assassinat qui a coûté la vie en décembre 2020 à son frère Brahim, impliqué dans le narcotrafic.

Veste blanc cassé sur t-shirt blanc, le jeune homme a pris de profondes respirations avant de débuter sa déposition sous le regard des cinq accusés, dont Amine Oualane, baron de la criminalité marseillaise devenu l'un des chefs présumés du gang DZ Mafia.

"Je voudrais dans un premier temps vous parler de Brahim, ce qu'il était pour moi, mon grand frère qui à la fois aimait sa famille, était conscient de ce qu'il faisait", déclare celui qui est aussi étudiant en droit.

"Il était surtout dans une optique de dire à ses frère d'aller a l'école, de travailler, l'école était le seul moyen pour nous de nous sortir de notre cité et d'en sortir la tête haute."

Dans la fratrie élevée par une mère seule, Brahim, mort à 22 ans, était "celui qui protégeait ses frères, celui qui riait, celui qui me faisait rire, celui qui m'a toujours encouragé, même d'un air moqueur parfois".

"Cela fait six ans que Brahim a été assassiné et ce qui me manque le plus, c'est sa voix. La voix, c'est quelque chose que la mémoire oublie", confie Amine Kessaci avant d'entamer le récit de la soirée du 28 au 29 décembre, la dernière où il a vu son aîné vivant.

Le 29 décembre, un véhicule est retrouvé incendié dans un tunnel d'autoroute. Dans le coffre et sur le siège passager, deux corps calcinés, chacun une balle dans la tête : Brahim Chabane et Réda Khaldi.

Quelques jours plus tard, le 6 janvier, un autre véhicule incendié est retrouvé. Dans le coffre, un troisième corps, calciné et démembré, celui de Nassim Loubani.

L'enquête révèlera que les trois victimes, impliquées dans le trafic, connaissaient leurs assassins et s'étaient rendues à un guet-apens à Châteauneuf-les-Martigues, près de Marseille.

Le verdict est attendu le 6 novembre.

 

 

© Agence France-Presse

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