Aix-en-Provence
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Justice
Prison ferme requise à Aix pour une greffière marseillaise "addict" de la consultation de fichiers2min
Par Maritima 06/11/2026 à 18:50
Trois ans de prison dont vingt mois avec sursis ont été requis, vendredi, contre une ex-greffière marseillaise, à l’époque compagne d’un trafiquant de drogue, jugée notamment pour une consultation illégale, et boulimique des fichiers de justice auxquels elle avait accès.
Sur l'ordinateur de Clémence V., 32 ans, placée au service de l'application des peines du tribunal judiciaire de Marseille, son premier poste en 2021, les enquêteurs ont recensé plus de 1.300 traces de connexions aux fichiers judiciaires entre janvier 2023 et juillet 2024 concernant plus de 350 détenus. Certains profils concernaient des narcotrafiquants du haut du spectre.
"Il n'y avait pas de transmission [des informations] à des tiers, a-t-elle voulu convaincre le tribunal correctionnel d’Aix-en-Provence, assurant de son "absence de volonté de nuire".
Les consultations étaient faites à toute heure du jour et de la nuit, y compris lors de week-end, de congés ou arrêts maladie de la jeune fonctionnaire, dont l’investissement professionnel était loué par ses supérieurs.
Les fiches pénales de personnes détenues dans plusieurs prisons françaises, notamment l'établissement de haute sécurité de Condé-sur-Sarthe, figurent sur la liste de ces consultations.
Des recherches en partie professionnelles, s’est justifiée à la barre Clémence V., également poursuivie pour des violations répétées du secret professionnel.
Un certain nombre de consultations concernaient son compagnon Nouroudine A, condamné le 4 octobre 2024 à quatre ans de prison pour trafic de stupéfiants. La jeune femme a expliqué qu'elle allait voir dans les fichiers en raison d’une "curiosité mal placée", à la suite de la lecture de la rubrique faits Divers ou après des reportages à la télé.
"Une espèce d’addiction", a-t-elle évoqué, parlant d’une "banalisation de ces recherches".
Assurée à la barre, soucieuse de faire comprendre la complexité de son raisonnement, cette jeune femme à l’avenir prometteur est demeurée "un mystère" aux yeux de Jean-Luc Blachon, procureur de la République.
La présidente Véronique Fabrot a souligné que ces consultations pouvaient servir à faire pression, intimider, faire passer des messages via les visiteurs disposant de parloirs. Mais aussi permettre des entreprises criminelles.
Ayant déjà exécuté quatre mois de détention provisoire, le procureur a demandé que la partie ferme de la peine requise restant à purger, soit douze mois, le soit sous bracelet électronique. Le jugement pourrait être rendu dès vendredi soir.
© Agence France-Presse
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