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Avignon : 18 ans de réclusion requis contre une mère accusée d'avoir tué et congelé deux de ses bébés

3min

Par Maritima 27/03/2026 à 07:12

L'avocat général a requis jeudi 18 ans de réclusion criminelle contre Aurélie S., mère au foyer accusée d'avoir tué puis placé au congélateur deux de ses nourrissons, retenant pour l'un le meurtre et pour l'autre un défaut de soins ayant entraîné la mort.

Cette quadragénaire originaire de Mazan, au pied du Mont-Ventoux, et qui élevait seule ses trois filles dans la commune voisine de Bedoin, encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

Tout au long de l'instruction, et du procès, Aurélie S. a nié toute intention de tuer. "Je les ai pas tués, mais c'est les conséquences de mes non-actes, de ce que j'ai pas fait", a-t-elle soufflé lors de son interrogatoire mercredi.

Les causes de la mort des deux bébés qu'elle a eus en 2018 et 2019 et qu'elle a mis au congélateur ont été au coeur des débats pendant le procès, mais les légistes s'accordent à dire que les deux petites filles sont nées à terme, vivantes et sans malformation.

Pour la première, qui a vécu deux jours avant de mourir, l'avocat général a retenu la qualification de meurtre.

Aurélie S. assure qu'elle a succombé à une chute dans l'escalier, alors qu'elle rentrait de courses le bébé dans les bras.

Les analyses médico-légales contredisent cette hypothèse: les lésions sur le crâne de l'enfant ne seraient pas compatibles avec cette chute. "Je l'ai jamais frappée!", a rétorqué la mère de famille à l'audience.

En tous les cas, a cinglé la magistrate en charge de l'instruction à la barre mercredi, "en ne lui prodiguant aucun secours, Mme S. l'a condamnée à mort".

Me Marc Geiger, qui conseillait le père de ce bébé, est revenu dans sa plaidoirie sur le traumatisme de cet homme qui "apprend sa paternité en même temps que la mort de son enfant". Ce pompier volontaire, aujourd'hui heureux en mariage, "avait des projets d'enfant, aujourd'hui il n'en a plus".

Quant au deuxième bébé retrouvé dans le congélateur, Aurélie S. l'a accouché suite à un déni de grossesse, et a raconté que l'enfant n'avait pas donné signe de vie.

Les analyses légales ont montré que ce bébé était mort des suites de l'accouchement difficile, et notamment du fait qu'Aurélie S. n'avait pas coupé le cordon ombilical.

"Je ne savais pas qu'il fallait couper le cordon de suite", a-t-elle argué mercredi. La présidente s'est étonnée de cette méconnaissance, pour une femme qui en était à sa huitième grossesse et avait déjà accouché à domicile.

Pour ce cas, l'avocat général a retenu un défaut de soins ayant entraîné la mort.

La défense, pour qui les deux bébés sont morts accidentellement, a plaidé l'acquittement.

Le verdict est attendu vendredi.

 

© Agence France-Presse

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