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Justice
Perpétuité requise à Digne contre un homme pour viols aggravés et actes de torture sur son ex-compagne3min
Par Maritima 22/05/2026 à 19:36
"Il a voulu nier la dignité humaine": la réclusion criminelle à perpétuité a été requise vendredi par l'avocate générale contre un homme jugé devant la cour d'assises des Alpes-de-Haute-Provence pour viols aggravés, actes de torture et de barbarie et proxénétisme sur son ex-compagne.
"La relation sadomasochiste n'en avait que le nom, ces pratiques sont censées être encadrées, or la plaignante ne pouvait jamais dire stop", a déclaré dans son réquisitoire Malinka Eymond à propos de Guillaume B., 51 ans jugé depuis lundi pour avoir infligé de nombreux sévices à Laëtitia R, sa compagne durant sept ans, de 2015 à 2022.
S'appuyant sur des centaines de messages et d'enregistrements versés au dossier, l'avocate générale a assuré que la matérialité des faits était reconnue, ces échanges prouvant selon elle des "pratiques dégradantes quotidiennes" imposées "sous la menace d'armes" et "un fantasme du viol" explicitement formulé par Guillaume B. vis-à-vis de la mère de quatre enfants.
Vendredi, Laëtitia R., âgée de 42 ans, aujourd'hui handicapée entre 50 et 80%, avait de nouveau dénoncé une "emprise psychologique" mise en place par Guillaume B. et assuré qu'il lui avait imposé des relations tarifées avec plus de 500 hommes.
La plupart des pratiques dénoncées, parmi lesquelles des entailles au cutter, un tatouage dégradant, de la zoophilie, des brûlures, des étranglements ou de la scatophilie, ont été reconnues par l'accusé, qui affirme cependant qu'il s'agissait de "jeux sexuels consentis dans le cadre de leur intimité".
La question du consentement autour de ces pratiques a été au coeur des débats devant la cour d'assises de Digne-les Bains .
Plaidant pour la partie civile, Me Philippe-Henry Honegger a estimé vendredi que les différents témoins, les preuves matérielles et l'avis des experts "prouvent que l'accusé n'a vu Laëtitia que comme l'objet de ses projections sadiques pour la pousser vers sa destruction".
"Pendant sept ans, il a structuré son existence autour d'une stratégie quotidienne dont le seul et unique but était de provoquer la douleur aux autres pour en jouir", a poursuivi le conseil.
Me Honegger avait dit à l’AFP que le courage de Gisèle Pelicot, devenue une figure mondiale de la lutte contre les violences sexuelles pour avoir publiquement témoigné des viols commis par son ex-mari et des dizaines d'hommes, avait incité sa cliente à vouloir faire connaître son histoire.
Le verdict doit être rendu samedi.
© Agence France-Presse
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