LogoMaritima

°C

Bouches-du-Rhône

-

Justice,

L'invité(e) de la rédaction

"C’est inadmissible" : pourquoi les avocats de Marseille et d'Aix vont participer à une journée "Justice morte" le 13 avril

3min

Par Maritima 07/04/2026 à 15:22

La colère gronde dans les tribunaux du Sud. À l’appel des barreaux de Marseille, d’Aix-en-Provence et de Toulon, les avocats lancent un mouvement de grève générale contre un projet de réforme pénale qu’ils jugent dangereux pour les libertés fondamentales. Invitée au micro de Maritima, Maître Aurore Llopis, avocate au barreau d'Aix-en-Provence, dénonce une dérive vers une "justice au rabais" et une "justice morte". Une journée de mobilisation nationale est prévue le 13 avril.

C’est un front uni qui se dresse face au ministère de la Justice. De Marseille à Toulon, l’unanimité règne chez les robes noires : la réforme de la "CRPC criminelle" (Comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité) ne doit pas passer. Ce dispositif, qui s'apparente à un "plaider-coupable" pour les crimes, est au cœur de la discorde.

 

"On ne peut pas solder les crimes comme des invendus"

Pour Maître Aurore Llopis, l'enjeu dépasse la simple procédure technique. "Le mouvement est assez unanime. Il est né en réponse et pour défendre la conception française de la justice criminelle", explique-t-elle au micro de Laurence Durandau.

Les avocats redoutent que cette réforme n'installe une justice expéditive, traitée à huis clos dans le bureau d'un procureur plutôt que dans la solennité d'une cour d'assises. "La justice criminelle n’est pas une variable d’ajustement budgétaire", martèle l'avocate. "On ne peut pas solder les crimes comme on solde des invendus. C’est l’objectif de notre mouvement actuel."

 

Le justiciable sacrifié sur l'autel de la rentabilité ?

L’accélération des procédures pénales, argument phare du gouvernement pour désengorger les tribunaux, est perçue par la profession comme une menace directe pour les droits de la défense, mais aussi pour les victimes. "On instille là une justice au rabais qui est juste pour nous, en tant qu’avocats, inadmissible. Cette réforme aurait des conséquences dramatiques sur la conception que nous avons aujourd'hui des droits de la défense de manière globale."

Selon Maître Llopis, le risque est de voir des pressions s'exercer sur l'accusé pour qu'il accepte une peine négociée, tout en privant la victime d'un véritable procès d'assises, lieu essentiel de reconnaissance du préjudice.

 

13 avril : une journée "Justice Morte" dans toute la France

Face au silence du gouvernement, le mouvement s'apprête à durcir le ton. Le lundi 13 avril marquera une étape clé avec une opération nationale baptisée "Justice Morte".

"Nous ne toucherons pas la barre d'un tribunal", prévient Maître Aurore Llopis. "Nous solliciterons le renvoi de tous les dossiers d'ores et déjà audiencés à ces dates-là. Les dossiers ne seront pas plaidés."

Si les urgences comme les gardes à vue ou les comparutions immédiates feront l'objet d'une organisation spécifique selon les barreaux, les avocats sont déterminés à montrer que sans eux, la justice s'arrête. "Le mouvement est assez déterminé. C’est une dérive que l’on ne peut pas laisser instiller dans la justice que nous défendons au quotidien."

A lire aussi


Trafic de pesticides jugé à Marseille : prison ferme contre un fournisseur et un important maraîcher

Marseille

-

Justice

Trafic de pesticides jugé à Marseille : prison ferme contre un fournisseur et un important maraîcher

Procès libyen : à la "souffrance" des parties civiles, Sarkozy veut répondre par "la vérité" de son innocence

France

-

Justice

Procès libyen : à la "souffrance" des parties civiles, Sarkozy veut répondre par "la vérité" de son innocence

"Aucun élément à charge" : un réalisateur de Camping Paradis remis en liberté après la mort de sa femme

France

-

Justice

"Aucun élément à charge" : un réalisateur de Camping Paradis remis en liberté après la mort de sa femme

Marseille : un trafic de drogue entre l’Espagne et la Corse démantelé, plus de 400 kg de cannabis saisis

Marseille

-

Justice

Marseille : un trafic de drogue entre l’Espagne et la Corse démantelé, plus de 400 kg de cannabis saisis

93.6 & 87.9 FM

Abonnez-vous à la newsletter
pour suivre notre activité et obtenir des offres