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Justice
Marseille : le patron présumé d'une bande criminelle corse condamné à 15 ans de prison pour avoir fomenté une vengeance3min
Par Maritima 30/04/2026 à 13:12
Présenté comme le chef d’une puissante bande criminelle de Corse-du-Sud, Louis Carboni, 69 ans, a été condamné jeudi à Marseille à quinze ans de prison, pour association de malfaiteurs en vue de commettre des meurtres en bande organisée.
Fiché au grand banditisme, déjà condamné à 19 reprises pour un total d’une cinquantaine d’années de prison depuis 1976, il a comparu lundi en visioconférence depuis un centre pénitentiaire d’Ile de France, jugé pour avoir fomenté l’élimination d’un membre d’une famille rivale dans le but de venger son fils assassiné le 12 août 2020.
En octobre 2025, le tribunal avait condamné six hommes appartenant à une équipe de Propriano, censée avoir été missionnée pour exécuter cette vengeance. Son chef présumé Yassine Akhazzane, un bandit en pleine ascension, ayant par la suite créé des liens avec la DZ Mafia en prison, avait été interpellé en compagnie de deux complices dans un véhicule, le 4 janvier 2021, une kalachnikov chargée entre les jambes.
A l’audience, lundi, Louis Carboni s’est présenté comme "retraité du banditisme" ne connaissant "pratiquement pas" Yassine Akhazzane, croisé une seule fois, et "pas du tout" ses coprévenus condamnés en octobre. "Ils ont 20 ans, moi 70 ans, qu’est-ce que vous voulez que je fasse avec des gens comme cela", a déclaré le quasi-septuagénaire qui n’avait pas pu être jugé en octobre en raison de difficultés de santé.
Le tribunal a plongé dans une vendetta opposant deux familles de Cargèse (Corse-du-Sud) endeuillées par des assassinats. Louis Carboni a cependant démenti toute opposition pour tenter d’écarter le mobile de la vengeance, assurant que les deux familles de bergers "s'entraidaient".
Son fils Jean-Antoine dit Tony Carboni, 36 ans, un pompier volontaire et entraîneur de foot sans aucun lien avec le banditisme, avait été tué à Ota (Corse-du-Sud). Assurant ne pas savoir qui sont les auteurs, Louis Carboni s’est défendu de toute velléité de représailles : "Je ne sais pas qui est responsable, je ne peux pas avoir eu un désir de vengeance sur un point d’interrogation".
Le tribunal a écarté la période de sûreté des deux tiers requise par le procureur qui avait réclamé une peine de quinze ans de prison. Son avocate, Me Delphine Boesel avait déploré des réquisitions signant "une condamnation à mort" et questionné sur "l’identification d’un commanditaire avant même l’acte qui aurait été commandité" alors qu’aucune cible n’est franchement ressortie de l’enquête.
Condamné pour des braquages et des trafics de stupéfiants, le nom de Louis Carboni avait défrayé la chronique lorsqu’en 2001, il s’était évadé à bord d’un hélicoptère de la Sécurité civile détourné.
© Agence France-Presse
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