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« On a masqué la présence d’amiante » : ArcelorMittal Fos et quatre cadres visés par une procédure « coup de poing »

3min

Par Maritima 29/04/2026 à 15:11

Le climat social s'alourdit encore sur le site d'ArcelorMittal à Fos-sur-Mer. Ce matin, lors d'une assemblée générale exceptionnelle réunissant plus d'une centaine de salariés, la CGT a annoncé le lancement d'une citation directe devant le tribunal correctionnel. Le géant de l'acier et quatre de ses responsables sont accusés d'avoir dissimulé les résultats d'un prélèvement positif à l'amiante. Entre inquiétude pour la santé et combat pour la nationalisation, Maritima a recueilli les témoignages des acteurs de ce dossier brûlant.

C’est une offensive judiciaire rare par sa rapidité. En choisissant la "citation directe", la CGT court-circuite l'étape habituelle du juge d'instruction pour porter l'affaire directement devant les juges. L'objectif : obtenir des réponses immédiates sur ce que le syndicat qualifie d'« entrave grave » à la sécurité des travailleurs.

 

Un prélèvement positif à l'amiante « caché » ?

Au cœur de la plainte, un événement précis datant du mois de février 2026. Selon l'avocate du syndicat, Me Julie Andreu, la direction aurait délibérément ignoré ses obligations de transparence. « Il y avait un danger grave et imminent concernant l’exposition à l’amiante des salariés. Des prélèvements ont été effectués et l’un d’eux s’est révélé positif. Il n’a jamais été communiqué au CSSCT (Commission santé, sécurité et conditions de travail) alors qu’il y a une obligation de le faire », explique-t-elle au micro de Maritima de Cassandre Amouroux.

Pour l'avocate, cette rétention d'information n'est pas un oubli, mais une stratégie : « Des prélèvements ont été refaits sans l'accord de la commission, ce qui est une entrave à son bon fonctionnement, tout simplement pour masquer la présence d’amiante alors qu’on était en pleine demande d’inscription du site [au titre de l'amiante]. »

La première audience, dite de procédure, est fixée au 7 juillet prochain. Elle visera la société en tant que personne morale, mais aussi personnellement le directeur de l'usine, les chefs de départements et de services.

 

Cyril Perico (salarié) : « Nos collègues partent avec des maladies professionnelles »

Sur le terrain, la colère laisse place à une angoisse sourde. Cyril Perico, agent rectifieur présent sur le site depuis 15 ans, exprime le désarroi de ses camarades. « On est très inquiets pour nos emplois, pour l’avenir de nos enfants et pour la pérennité de l’usine. L'aspect amiante est toujours dans nos têtes. Tous les jours, on apprend qu’il y en a sur le site. Beaucoup de retraités sont partis avec des maladies professionnelles », confie-t-il avec émotion.

À 42 ans, Cyril ne se sent plus serein au travail face aux nombreuses problématiques du site (amiante, refus de nationalisation, redémarrage d'un haut-fourneau avec moins de alariés etc..) : « On se dit qu’on a de l’emploi, mais jusqu’à quand ? Si demain je me retrouve sur le carreau à 42 ans, qui me dit que je vais retrouver du travail ? C’est un avenir très compliqué. »

 

Vers la nationalisation : le rendez-vous crucial du 11 juin

Sur le dossier complexe de la nationalisation de Arcelor Mittal France, un grand rendez-vous est fixé au 11 juin devant l’Assemblée Nationale. Ce jour-là, une proposition de loi pour la nationalisation du site sera examinée (à nouvea). Un combat pour la survie de la sidérurgie française qui dépasse les frontières de Fos-sur-Mer. « C’est tout le golfe de Fos qui est concerné », rappelle Cyril Perico, appelant à une mobilisation massive.

 

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