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Marseille : un an de prison pour avoir donné de la cocaïne à sa fille de dix ans

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Par Maritima 03/06/2026 à 15:51

La mère d’une enfant atteinte d’une maladie neurogénétique a été condamnée, mercredi, à un an de prison ferme pour avoir administré de la cocaïne à la fillette âgée de dix ans alors qu’elle se trouvait hospitalisée.

Au moment des faits, en février 2022, la fillette sévèrement handicapée par un retard de développement se trouvait hospitalisée à Marseille, à La Timone Enfants qui la suit depuis l’âge d’un an.

La dégradation de son état de santé jusqu’à tomber dans le coma un mois après son admission avait poussé les médecins à faire des investigations qui allaient révéler la présence dans son sang de cocaïne et de Fentanyl, un opiacé. L’analyse du liquide céphalo-rachidien prélevé deux ans plus tôt et conservé par l’hôpital faisait aussi état de traces de cocaïne.

L'arrêt des visites des parents ordonné par un juge allait se traduire par une amélioration immédiate de la santé de l’enfant et la mère reconnaissait la consommation de cocaïne dans la chambre d’hôpital.

En revanche, lors des débats le 20 mai, cette Toulonnaise de 50 ans avait farouchement nié une administration volontaire. "Vous pouvez me mettre mille ans en prison, ce qui me fait de la peine c’est qu’on dise que je lui ai fait du mal", déclarait-elle aux juges.

Lors de l’instruction, les experts en toxicologie estimaient impossible de dire si la présence de drogue chez la fillette résultait d’une administration active ou d’une contamination passive environnementale. De très légères traces de cocaïne retrouvées dans la nourriture et sur des objets appartenant à l’enfant pouvaient être expliquées par un transfert ou un contact.

Cette incertitude scientifique avait d’ailleurs poussé le parquet à envisager une requalification en mise en danger de la vie d'autrui, une infraction involontaire. Le tribunal n'a pas suivi cette voie se montrant même plus sévère que la magistrate du parquet qui avait réclamé quatre ans de prison avec sursis.

En lui infligeant quatre ans de prison dont trois avec un sursis probatoire renforcé pendant trois ans, les juges ont clairement écarté la possibilité d’une contamination passive. "C’est une grosse déception" pour cette mère -absente à l’énoncé du jugement - selon son avocate Me Frédérique Chartier qui avait réclamé sa relaxe au motif d’une "enquête bâclée, mal menée, exonérant sans raison le père pourtant auteur de violences conjugales".

Les juges ont fixé une obligation de soins psychologiques et une interdiction de contact de la mère avec sa fille en dehors d’un cadre médiatisé fixé par la justice. A la demande du père, le tribunal a lui aussi retiré l’autorité parentale.

 

© Agence France-Presse

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