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« La pédophilie est un truc "friendly" en France » : l'effroyable constat de l’avocat marseillais Michel Amas après l'affaire Lyhanna3min
Par Maritima 08/06/2026 à 10:06
Le meurtre de la petite Lyhanna par un prédateur sexuel récidiviste soulève une vague d'indignation et des questions cruciales sur les failles de notre justice. Invité ce matin de Didier Gesualdi sur Maritima Radio, l'avocat marseillais Michel Amas, spécialiste reconnu du droit des enfants, livre un témoignage d'une dureté rare. Entre dysfonctionnements du fichier des délinquants sexuels (FIJAIS) et manque de volonté politique, il dénonce un système à bout de souffle qui ne protège plus les plus vulnérables.
L'affaire Lyhanna : une chronique de l'échec annoncé
Pour Maître Michel Amas, le drame de Lyhanna n'est pas un accident isolé, mais la conséquence d'une série de négligences. Il pointe notamment du doigt le dysfonctionnement du fichier FIJAIS : « Il y a au moins quatre ou cinq dossiers avant celui-là. Cet homme était inscrit sur ce fichier pour agressions sexuelles sur mineurs. Lors du deuxième signalement, les policiers n’ont pas consulté le fichier. Au troisième, au quatrième, ils ne l'ont pas arrêté non plus. »
L'avocat souligne une rupture de confiance majeure entre le terrain et les autorités : « C'est un échec total. Lorsqu'on ne vérifie pas les antécédents d'un suspect alors que les outils existent, l'irréparable finit par arriver. »
Critique acerbe du Gouvernement : « Le Ministre ne connaît pas sa loi »
Michel Amas s'en est pris frontalement aux annonces récentes du Ministre de la Justice, les jugeant hypocrites. « Le Ministre est intervenu en disant qu’on allait révolutionner le droit en créant une "liste noire" des agresseurs, mais elle existe déjà ! Le Ministre ne connaît pas sa loi », martèle-t-il au micro de Maritima.
Selon lui, la volonté politique est absente : « On nous parle de placer les enfants chez des proches, des oncles ou des tantes, mais c'est déjà voté, ça existe déjà. On fait de la communication pendant que le système s’effondre. »
Le narcotrafic, priorité au détriment de la protection de l'enfance ?
Le constat le plus polémique de l'avocat marseillais concerne l'allocation des moyens policiers. À Marseille, la lutte contre le trafic de drogue semble occulter le reste : « L’intégralité des moyens de la police est mise à la disposition du narcotrafic. Tout le reste n’existe pas. Lorsqu'une maman vient déposer plainte pour attouchement sexuel, les policiers l'envoient bouler. »
Michel Amas dénonce une culture française encore trop permissive : « La pédophilie, c'est un truc qui est "friendly" chez nous. On a eu David Hamilton dans les années 70.... On parle de lutte contre la pédophilie à la télé, mais dans la justice, on n'en parle pas. »
Une proposition choc : 4 jours de garde à vue pour les prédateurs
Face à cette situation, Maître Amas propose une mesure radicale : aligner le régime de la garde à vue des prédateurs sexuels sur celui du terrorisme. « Il faut modifier le régime pour qu'elle soit prolongée à quatre jours. Ces gens-là ne sont pas les plus courageux, au bout de quatre jours, ils finiront par parler. Ce ne sont pas des bandits corses qui disent bonjour le premier jour et au revoir le quatrième. »
En attendant des réactons politiques, l'avocat continue de se battre pour ses clients, tout en déplorant que des sites de prostitution enfantine restent accessibles : « J’ai saisi le ministre en septembre pour fermer un site où l'on commande un enfant comme sur Uber. Le site est toujours ouvert. »
À lire aussi : Protection de l'enfance : un avocat marseillais porte plainte contre le Département et Martine Vassal
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