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Justice

Détenu tué à la prison des Baumettes : la famille va attaquer l'Etat en justice

3min

Par Maritima 09/10/2025 à 14:00

La famille d'un jeune homme égorgé en 2024 par son codétenu à la prison des Baumettes à Marseille va attaquer en justice l'Etat, a annoncé jeudi à l'AFP son avocat, qui dénonce la responsabilité de l'administration pénitentiaire.

Le meurtre en octobre 2024 de Robin Cotta, 22 ans, a mis en lumière la détérioration des conditions de détention dans la très surpeuplée maison d'arrêt des Baumettes à Marseille.

La victime, attaquée avec un objet tranchant -un fragment de bol- au cou, venait d'être placée en détention provisoire dans une affaire d'opioïdes. Son agresseur de 25 ans avait été condamné à six mois de prison ferme dans un dossier de stupéfiants.

"Je mets en cause la responsabilité de l'État. Parce que selon moi, il y a toute une succession de fautes qui ont été commises et qui ont concouru" au décès en détention, a déclaré à l'AFP Me Etienne Noël, représentant le père de la victime, qui va intenter un recours devant le tribunal administratif de Marseille.

L'avocat évoque des "fautes de surveillance" et une "non-prise en compte du risque que représentait le placement" en cellule de la victime avec l'agresseur.

Une instruction criminelle est parallèlement encore en cours devant le juge d'instruction de Marseille, a-t-il précisé.

En septembre, la surpopulation carcérale a atteint  134,7% en France. Régulièrement condamnée par la Cour européenne des droits de l'homme pour sa surpopulation carcérale chronique, le pays figure en troisième position derrière la Slovénie et Chypre.

"Si les décisions d'affectations (de détenus) sont souvent contraintes par la surpopulation carcérale, le sous-effectif et les roulements des surveillants nuisent également à la détection d'éventuelles tensions, comme à la prise en compte des demandes des personnes détenues de changer de cellule", avait déploré en 2023 l'Observatoire international des prisons.

L'instance avait rappelé qu'entre 2018 et 2023, quatorze personnes sont mortes en détention, tuées par leurs codétenus.

 

© Agence France-Presse

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