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Éducation nationale : Marion Chopinet (SNES-FSU) alerte sur la précarité des établissements face à la canicule 2min
Par Maritima 03/07/2026 à 10:02
Plus de 35°C dans les classes, des manuels scolaires qui manquent et un sentiment d'abandon : Marion Chopinet, représentante du SNES-FSU Aix-Marseille, dénonce des conditions de travail et d'apprentissage devenues « intenables » pour les élèves et les personnels.
Des salles de classe transformées en fournaises
La vague de chaleur qui a frappé les Bouches-du-Rhône en juin a mis en lumière l’inadaptation chronique du bâti scolaire. Pour Marion Chopinet, le constat est cinglant : « On n’est absolument pas armés. Il y a un gros souci dans l’ensemble du bâti scolaire sur tout le pays. On n'est pas adaptés aux fortes chaleurs, ni au froid d'ailleurs. »
Dans certains établissements, la situation a frôlé l'insupportable lors des épreuves du brevet : « On est monté à plus de 35°C dans certains jurys, dans certaines classes. On a dû faire un petit peu à la débrouille et au bricolage pour essayer de maintenir un maximum de fraîcheur. »
Le syndicat regrette notamment que la demande de corriger les copies du brevet à domicile, pour protéger les correcteurs de la chaleur des établissements, n’ait pas été acceptée partout.
Pas de clim, mais une rénovation profonde
Face au changement climatique, le SNES-FSU ne réclame pas une climatisation généralisée, qu'il juge contre-productive sur le plan écologique. « On est sur l’idée d’une réflexion pour isoler les bâtiments, pour faire en sorte de se protéger par la végétation. Il faut adapter ce bâti scolaire et réfléchir aussi au calendrier des épreuves », avance la co-secrétaire académique.
Elle pointe du doigt l'incohérence gouvernementale : « Vouloir réduire les vacances d’été et mettre tout le monde en classe le plus longtemps possible est incompatible avec l'état actuel de nos établissements. »
Budget : « On choisit quelle discipline aura des manuels »
Au-delà de la météo, c’est le porte-monnaie des établissements qui inquiète. Marion Chopinet dénonce une baisse importante des crédits pédagogiques pour la rentrée 2026-2027. En cause ? L'anticipation coûteuse des nouveaux programmes de 6ème et 5ème.
« On se retrouve dans des situations où l’on va devoir choisir dans quelle discipline on renouvelle les manuels et dans quelle discipline on se débrouillera », déplore-t-elle. Une situation qui crée, selon elle, de nouvelles inégalités : « Acheter des manuels qui restent dans l'établissement parce que les élèves ne peuvent pas les emporter chez eux, ça ne fonctionne pas. Il y a du travail à la maison, des révisions... »
Un service public en « précarité extrême »
Pour Marion Chopinet, la crise de l’école n’est qu’un reflet d’un mal plus profond touchant les services publics (Justice, Santé, Éducation). « On est tout le temps en train de dénoncer des politiques qui ne sont pas à la hauteur de l’exigence que l’on doit avoir pour nos services publics », martèle-t-elle.
À l’approche des futurs débats politiques de 2027, le message du SNES-FSU est clair : sans un investissement massif et une réelle volonté de sortir de cette « situation de précarité extrême », l’avenir de la jeunesse reste en jeu.
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