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Blocus des lycées : la mobilisation se poursuit, des tensions dans plusieurs villes3min
Par Maritima 29/09/2026 à 12:05
Paris, Lyon, Lille, Bordeaux... Les manifestations et blocages aux abords de lycées se poursuivent mardi à travers la France dans le cadre de la journée de mobilisation de la fonction publique, avec le soutien affiché de La France insoumise.
Né la semaine dernière en Île-de-France autour des questions de moyens, de remplacement des enseignants et d'emplois du temps ou encore de conditions insalubres, le mouvement a gagné de nombreuses villes lundi.
L'Union syndicale lycéenne (USL), principale organisation représentative des lycéens, a appelé mardi à des blocages dans toute la France afin de faire converger la mobilisation des élèves avec celle des agents de la fonction publique.
"On a décidé d'appeler à la mobilisation parce qu'aujourd'hui, dans un établissement sur deux, on a des équipes d'AED (assistants d'éducation) où il manque 50% des effectifs, des établissements où il n'y a pas d'infirmière scolaire, où il n'y a pas d'assistante sociale, des établissements où il n'y a pas de profs de philo et de français pendant les années du bac", a expliqué mardi matin à l'AFP Ryad Rani président de l'USL, devant lycée Montebello de Lille, où les cours ont été suspendus pour la journée.
À Paris, "moins d'une dizaine" des 90 lycées de la capitale faisaient l'objet de "tentatives de blocage" mardi matin, selon le rectorat, qui ne signalait ni blessé ni incident majeur.
Au lycée Arago, dans le 12e arrondissement, une trentaine de jeunes se sont rassemblés devant les entrées de l'établissement, derrière des poubelles et des pancartes proclamant notamment "Macron explosion" ou "Moins de flics, plus de fric". "Les profs faisaient grève, le blocage permet de faire monter les choses", explique Nova, 16 ans, qui dit dénoncer des "problèmes budgétaires" et des enseignants "pas motivés".
En Seine-Saint-Denis, plusieurs centaines de lycéens se sont réunis devant le lycée Paul-Éluard à Saint-Denis. Les pompiers sont intervenus pour éteindre un feu allumé au pied du portail. "Nous, enfants de la banlieue, on est abandonnés et délaissés", a estimé Victoire, 16 ans, dénonçant des conditions d'étude qu'elle juge "insalubres".
"LFI, pompiers pyromanes"
A Rennes, devant le lycée Brequigny, plus grand établissement d'enseignement secondaire de Bretagne, la situation était tendue avec une centaine de lycéens qui lançaient des projectiles sur l'établissement, a constaté un vidéaste de l'AFP sur place.
Selon une source policière, "ça se tend à Bréquigny, qui est complètement bloqué, tout comme le lycée Jean Macé".
A Lille, la situation était également tendue aux abords du lycée César-Baggio. Abribus et panneaux publicitaires dégradés, poubelles incendiées, jets de bouteilles, de pavés et d'objets divers en direction des forces de l'ordre : les policiers ont répliqué à plusieurs reprises par des tirs de gaz lacrymogène, a constaté l'AFP.
A Marseille, les organisations lycéennes revendiquaient cinq établissements bloqués vers 10 heures, après la levée d'un blocage dans un lycée du 7e arrondissement plus tôt dans la matinée.
A Bordeaux, plusieurs centaines de lycéens ont bloqué l'entrée du lycée Magendie. A Lyon et dans son agglomération, plusieurs établissements étaient perturbés, avec des tensions signalées devant certains lycées et des cours annulés à Villeurbanne.
Dans le département du Nord, il y a eu "quatre interpellations depuis ce matin et 12 lycées concernés par les perturbations", a indiqué la préfecture à l'AFP en milieu de matinée, sans plus de détails à ce stade.
Le gouvernement a dénoncé lundi des "violences urbaines", avec 164 interpellations et 180 établissements concernés, le Premier ministre Sébastien Lecornu déplorant la "surenchère irresponsable" d'élus de LFI qui "appellent à étendre le mouvement".
"Tout cela est une instrumentalisation politique", a également fustigé mardi matin sur RMC Valérie Pécresse, la présidente LR de la région Île-de-France. "Il y a un mot d'ordre qui est donné par LFI aujourd'hui, qui est +saccages ton lycée+. C'est relayé avec des défis Tiktok +qui fait le meilleur blocage+."
"La LFI, c'est les pompiers pyromanes", a-t-elle insisté.
Le coordinateur de la LFI Manuel Bompard a de son côté défendu sur France Inter le soutien de son parti à ces blocages. "Je trouve qu'on devrait tous saluer cette mobilisation lycéenne", a-t-il assuré.
"Quand on partage les revendications d'une mobilisation, c'est normal qu'on l'appuie, qu'on la soutienne et qu'on appelle à ce qu’elle s'amplifie", a-t-il estimé.
© Agence France-Presse
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