"Nous constatons qu'il y a de nombreux appels de la mouvance ultragauche et de l'extrême gauche radicale", a déclaré Laurent Nuñez lors d'une conférence de presse au ministère de l'Intérieur.
Parmi les 70.000 membres des forces de l'ordre déployés samedi, contre 60.000 le 17 octobre lors de la mobilisation sociale, le ministre a fait appel à des "effectifs locaux des différents départements mais également des effectifs des forces mobiles", "des unités d'élite comme le RAID, le GIGN ou la BRI pour la préfecture de police".
"Une vingtaine de véhicules blindés Centaure" pour la gendarmerie "et 15 engins lanceurs d'eau" pour la police seront également déployés en France.
Les "unités d'élite n'ont pas vocation à faire du maintien de l'ordre", a souligné le ministre, mais elles sont sollicitées pour "des missions où elles vont venir suppléer, décharger les forces de sécurité intérieure qui, elles, sont habilitées à faire du maintien de l'ordre".
"Ça peut être de la garde bâtimentaire. Chaque préfet dans les territoires va définir ces missions, mais la consigne que nous avons passée, c'est évidemment de venir en appui, en soutien et de pouvoir décharger une partie des forces de sécurité intérieure pour effectuer des missions d'ordre public", a-t-il insisté.
"C'est un dispositif que j'ai souhaité extrêmement mobile, agile et percutant. Tous les groupes à risque seront impactés et seront empêchés de commettre des dégradations et d'agir qu'il s'agisse de pillages, d'attaques de bâtiments publics et évidemment d'attaques des forces de sécurité intérieure", a prévenu M. Nuñez.
Lors de la première journée de mobilisation nationale le 17 octobre à l'appel des gilets jaunes, d'organisations syndicales et de mouvements d'étudiants et de lycéens, 60.000 forces de sécurité intérieure avaient été mobilisées.
De nombreux pillages et exactions ont été commis en marge de cette mobilisation, surtout à Paris, Marseille et Lyon, y compris le lendemain. Près de 3.000 commerces ont été vandalisés.
Depuis lundi, les trois villes prennent des arrêtés chaque jour de couvre-feux nocturnes et d'interdiction de manifestation non déclarée.
Les interdictions de manifester, partielles ou totales, se sont multipliées dans plusieurs villes de France pour samedi, nouveau jour de mobilisation.
"C'est pour nous une atteinte grave, majeure, à la liberté de manifester", a déploré Emmanuelle Jourdan-Chartier, vice-présidente de la LDH, ajoutant déposer des "recours", pour l'instant, sur "sept arrêtés" d'interdiction, à Montpellier, Caen, Brest, Limoges, Lyon, au Mans et à Marseille.
Dans un communiqué publié vendredi, Amnesty International France a dénoncé "une surenchère sécuritaire et de graves entraves au droit de manifester" des autorités.
"Au lieu de défendre nos droits fondamentaux, le gouvernement glisse vers des pratiques autoritaires en alimentant un climat de peur qui justifierait toutes les restrictions de libertés", a asséné Nathalie Godard de l'ONG.
Amnesty a exhorté le gouvernement à "changer" sa "doctrine de maintien de l’ordre défaillante et à adopter une stratégie de désescalade".
A ce jour, l'IGPN, la "police des polices", a ouvert huit enquêtes pour des faits survenus lors du week-end du 17-18 octobre, a indiqué vendredi M. Nuñez.
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