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Appel à manifester : les « Gilets jaunes historiques » prennent leurs distances avec les nouvelles mobilisations2min
Par Manuel Danloy23/10/2026 à 14:03
À la veille d'un nouvel appel à manifester, l'une des figures de la première heure de la mobilisation dans les Bouches-du-Rhône dresse un constat critique. Invité sur l'antenne de Maritima, David Erhel, ancien porte-parole des Gilets jaunes à Martigues et co-organisateur des rassemblements à Marseille en 2018, explique pourquoi les militants historiques refusent de se joindre à ce mouvement et dénonce les violences.
« Pourquoi se mobiliser à six mois des élections ? »
Interrogé sur son absence du cortège marseillais lors des précédents rassemblements, David Erhel assume un choix réfléchi, partagé par d'autres figures du mouvement initial : « On a vu avec les anciens du mouvement de 2018 si c'était nécessaire de se remobiliser... Et en fait, on a fait le triste constat de se dire qu'on est seulement à six mois des élections, donc pourquoi se mobiliser maintenant alors qu'on va être appelé à voter dans six mois ? »
L'ancien porte-parole opère un parallèle direct avec la naissance du mouvement en 2018 pour justifier cette réserve : « En 2018, Emmanuel Macron, ça faisait 18 mois qu'il était en place, et là on avait appelé à sa démission. C'était à ce moment-là qu'il fallait qu'on se mobilise. C'est pour cette raison qu'on ne se mobilise pas pour ces manifestations. »
Observant la composition des derniers rassemblements sur le Vieux-Port de Marseille, il pointe la faible présence des pionniers de la contestation : « Il y avait très peu de Gilets jaunes qui étaient sur le Vieux-Port, et notamment les Gilets jaunes historiques. Il y a certainement des Gilets jaunes, mais pas les Gilets jaunes historiques. »
Évolution des revendications et condamnation ferme des violences
Tout en reconnaissant que les difficultés économiques et la précarité se sont aggravées depuis 2018, David Erhel souligne un changement d'époque et de contexte : « Si on parle du carburant, en 2018 il était à un certain prix, là il a un euro de plus. Il y avait en 2018 9 millions de gens sous le seuil de pauvreté, là actuellement c'est 10 millions... Donc c'est compliqué. »
Cependant, la rupture avec les manifestations actuelles s'explique principalement par les récents débordements et scènes de pillages observés dans les grandes villes : « Nous, on est contre ces violences, contre la casse des commerces, contre les agressions contre la police. C'est pas possible. C'est les citoyens qui doivent être dans la rue pour faire avancer les choses, il n'y a aucun cas à entrer dans cette violence. »
Un avenir incertain face aux interdictions et à la répression
Alors que des arrêtés d'interdiction de manifester visent certaines grandes métropoles, l'ancien leader martégal se montre particulièrement pessimiste quant à la suite des événements : « Sur Marseille et sur Lyon, apparemment elles seront interdites... Je pense que ça va être très très compliqué. En espérant qu'il n'y ait pas trop de dégâts et que ça se passe bien. »
Interrogé sur la possibilité de voir cette contestation s'inscrire dans la durée jusqu'aux prochaines échéances électorales, David Erhel conclut avec lucidité : « Certaines personnes aimeraient que ça aille jusqu'aux élections, ça c'est sûr et certain, mais après, maintenir quelque chose jusqu'aux élections avec une grosse répression de la police, ça va être très très compliqué. »
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