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Parcoursup remplacé : le vrai du faux avec Marie Illario de L'Étudiant sur Maritima

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Par Sandrine Calvayrac27/10/2026 à 16:35

Au lendemain des annonces de l'exécutif pour désamorcer la contestation lycéenne - promettant la refonte de Parcoursup en 2027 puis son remplacement d'ici 2028 -, que va-t-il réellement changer pour les élèves et leurs familles ? Invitée ce midi dans le Tout Info sur Maritima Radio, Marie Illario, cheffe de rubrique au magazine L'Étudiant, passe au crible les mesures promises.

 

Session 2027 : la fin des lettres de motivation obligatoires

Pour les élèves actuellement en classe de terminale, qui entreront dans l'enseignement supérieur en septembre 2027, la révolution annoncée ressemble plutôt à un aménagement technique. Avec une procédure qui démarre mi-décembre, le calendrier rendait impossible un bouleversement immédiat.

Un changement concret et marquant est toutefois acté : la fin de l'obligation systématique du projet de formation motivé. « La seule chose qu'on peut noter d'assez marquée, c'est le caractère non systématique des lettres de motivation. Elles ne vont plus être demandées de manière automatique par les formations, qui devront justifier l'utilité réelle de cette lettre lorsqu'elles en exigent une. »

Autre axe affiché par le ministère : apporter davantage de clarté sur les critères d'évaluation et automatiser l'explication des refus. Une promesse que l'experte accueille avec pragmatisme : « C’est une demi-nouveauté : jusqu'à présent, les candidats pouvaient déjà contacter les responsables pour demander pourquoi leur dossier n'était pas retenu, mais peu d'élèves le savaient. Rendre cela systématique est une bonne chose, mais je me questionne sur la charge de travail pour les formations : comment écrire des milliers de motifs personnalisés pour des cursus qui reçoivent des dizaines de milliers de candidatures ? »

Quant à la publication des algorithmes locaux utilisés par les filières pour trier les dossiers, Marie Illario doute de son impact : « Je ne suis pas certaine que les familles aillent décortiquer chaque algorithme. Les rapports publics existaient déjà et étaient très peu consultés. »

 

Masquer le lycée d’origine : une fausse bonne idée ?

Piste régulièrement évoquée pour lutter contre les discriminations géographiques, l'anonymisation du lycée d'origine des candidats pourrait réserver des effets pervers inattendus : « Lorsqu'on échange avec les formations sélectives, elles expliquent au contraire qu'elles se servaient de cette mention pour garantir une mixité sociale dans leurs promotions. Une note obtenue dans un établissement ne vaut pas nécessairement la même dans un autre : connaître le lycée permettait d'harmoniser. »

L'effacement pur et simple de cette information ferait peser un risque direct sur le dossier scolaire : « Le risque, c'est que les formations délaissent le contrôle continu pour ne se baser que sur les épreuves anticipées nationales du bac de première (français et mathématiques), dont les notes sont harmonisées. C’est un choix politique. »

 

Cap sur 2028 : renforcer l'orientation pour désamorcer l'angoisse

Alors qu'un comité de réforme doit rendre ses conclusions à la fin du mois de novembre pour concevoir le remplaçant de la plateforme à l'horizon 2028, Marie Illario insiste sur la clé de voûte du système : l'accompagnement humain dans les lycées dès la classe de seconde. « Aujourd’hui, les heures dédiées à l'orientation sont vécues de façon très inégale selon les lycées. Entre les contraintes d'emploi du temps, l'investissement souvent bénévole des professeurs et le manque criant de psychologues de l'Éducation nationale (PsyEN), il faut harmoniser cet accompagnement pour réduire le stress. »

 

Les conseils de L'Étudiant aux familles pour aborder 2027 sereinement

Pour les lycéens de terminale qui s'apprêtent à franchir le pas, la cheffe de rubrique recommande d'anticiper dès à présent sans céder à la panique :

  • Explorer la plateforme dès maintenant : même avant sa mise à jour officielle de décembre, le catalogue des formations et les descriptifs de filières restent consultables en ligne.

  • Ouvrir le champ des possibles : utiliser l'option « formations similaires » et le comparateur officiel pour diversifier ses vœux et ne pas se focaliser sur une seule issue.

  • Prendre son temps : affiner son projet personnel pas à pas, en famille ou avec ses enseignants, afin de sécuriser ses choix sans stress inutile.

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