Carry-le-Rouet
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Loi SRU : Carry-le-Rouet face à une sanction de 600 000 euros2min
Par Maritima 20/04/2026 à 15:00
Malgré une volonté affichée de développer son parc social, la commune de Carry-le-Rouet se retrouve dans une impasse géographique et administrative. Entre contraintes environnementales et manque de foncier, le maire René-Francis Carpentier appelle à une réforme de la loi SRU pour l'adapter aux réalités du terrain.
Seulement 1,5 % de logements sociaux sur la commune
La loi SRU (Solidarité et Renouvellement Urbain), instaurée en décembre 2000, impose aux communes de plus de 3 500 habitants de disposer d'un quota de 25 % de logements sociaux. Pour Carry-le-Rouet, le compte n'y est pas, loin de là : la ville ne compte actuellement que 46 logements sociaux, soit un taux de 1,5 %.
Cette situation entraîne une sanction financière lourde pour le budget municipal : une amende annuelle dépassant les 600 000 euros.
Une commune « empêchée » par sa géographie
Si le maire assure ne pas être opposé au principe du logement social — rappelant qu'environ 70 demandes sont actuellement en attente auprès du CCAS — il se décrit comme un « maire empêché ».
Plusieurs obstacles bloquent le développement de nouveaux projets :
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Un territoire exigu : La commune ne s'étend que sur 10 km².
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Des protections environnementales : Coincée entre le parc marin et les zones classées du Conservatoire du Littoral (massif de la Nerthe), la constructibilité est extrêmement réduite.
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Le poids du privé : Près d'un quart de la commune est déjà occupé par des lotissements privés, limitant les réserves foncières.
"Nous sommes extrêmement contraints... il est difficile de trouver des assiettes foncières sur lesquelles on peut faire de gros ensembles immobiliers." — René-Francis Carpentier, Maire de Carry-le-Rouet.
Des projets qui peinent à sortir de terre
L'édile a notamment cité l'exemple d'un projet de 60 logements sociaux qui, bien que lancé au début de son mandat sur un terrain privé, a été annulé par la justice après les recours d'un collectif d'habitants, invoquant des risques de submersion marine et d'incendie.
Toutefois, une lueur d'espoir subsiste avec l'autorisation récente donnée à SNCF Immobilier pour la construction de 16 logements sociaux à l'entrée du village, près de la gare. Un projet salué par la préfecture comme une preuve de la bonne volonté de la municipalité.
L'appel à une réforme de la loi
Face à cette situation, René-Francis Carpentier souhaite que le gouvernement revoie sa copie. Il plaide pour que la loi SRU ne se base plus uniquement sur des quotas fixes, mais prenne en compte les possibilités réelles et les spécificités géographiques de chaque commune.
En attendant une éventuelle réforme, Carry-le-Rouet devra continuer de composer avec ses contraintes naturelles tout en s'acquittant de sanctions qui pèsent sur ses finances publiques.
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