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Budget de la Métropole Aix-Marseille : « On ne dit pas non pour dire non », le maire d'Ensuès réaffirme l'unité des maires face à l’État

3min

Par Maritima 23/04/2026 à 12:32

À quelques jours du vote crucial du budget de la Métropole Aix-Marseille-Provence, la tension monte. Alors qu'un trou de 123 millions d'euros menace l'institution, les maires du territoire font bloc. Invité ce matin sur Maritima Radio, Michel Illac, maire d’Ensuès-la-Redonne et membre du bureau métropolitain, détaille les « lignes rouges » infranchissables et appelle l’État à prendre ses responsabilités. Décryptage d'un bras de fer financier.

Le calendrier s'accélère. Mardi prochain, les élus métropolitains sont censés voter le budget 2026. Mais pour l'heure, le compte n'y est pas. Entre baisse des dotations de l'État et hausse des coûts de fonctionnement, le déficit de 123 millions d'euros crispe les relations entre le territoire et le gouvernement.

 

Une gouvernance partagée et unie : « L'église au milieu du village »

Pour Michel Illac, la force de cette mobilisation réside dans l'unité inédite des 92 maires de la Métropole. "Nous sommes unis avec cette fameuse gouvernance partagée qui nous caractérise. C’est une bonne chose, on a simplement remis l’église au milieu du village", souligne-t-il au micro de Didier Gesualdi.

Cette union sacrée a permis d'écarter plusieurs scénarios de financement qui auraient directement impacté les citoyens. Michel Illac est catégorique : les maires ne veulent pas d'une gestion comptable déconnectée du terrain.

 

Les lignes rouges : pas de hausse d'impôts pour les ménages

Le maire d'Ensuès-la-Redonne a profité de son passage sur Maritima pour lister les mesures que les maires refusent d'appliquer :

  • La fiscalité des ménages : Pas d'augmentation de la taxe foncière.

  • Les résidences secondaires : Pas de hausse sur la taxe d'habitation ou le foncier non bâti.

  • Les tarifs des transports : Maintien de la gratuité à Aubagne et des tarifs sociaux pour les étudiants et les seniors.

  • Les communes : Pas de baisse des "attributions de compensation" (les aides reversées par la Métropole aux villes). "Ce serait une catastrophe pour nos citoyens et nos familles", prévient-il.

"On ne dit pas non pour dire non. On dit non parce qu'on est dans ce consensus face à l'État", martèle Michel Illac.

 

Le déplafonnement du « Versement Mobilité » comme solution

Pour combler le déficit, Michel Illac prône une solution déjà appliquée ailleurs, notamment en Île-de-France : solliciter davantage les entreprises de plus de 11 salariés via le Versement Mobilité (VM). « Passer de 2% à 3% [de taux de prélèvement], comme le Grand Paris l’a obtenu, ça solutionne beaucoup de choses. Les entreprises ne sont pas contre si l'offre de transport est adaptée. Aujourd'hui, elles ont besoin de moyens de transport pour que les salariés viennent travailler chez elles. »

Pour l'élu, c'est un cercle vertueux : plus de moyens pour investir dans les transports favorisent le développement économique et donc l'emploi local.

 

Des projets locaux en attente à Ensuès-la-Redonne

Si le blocage persiste au niveau métropolitain, ce sont des projets concrets pour les habitants qui risquent de prendre du retard. À Ensuès-la-Redonne, deux dossiers sont particulièrement surveillés par Michel Illac :

  1. Le Vallon de Grasian : Un projet d'aménagement lié à la mobilité attendu depuis 2012.

  2. Le Cœur de Village : Un pôle économique essentiel pour la commune.

"On ne veut pas que la Métropole puisse faire des coupes sombres dans les projets des communes", insiste le maire.

 

Un appel direct aux Sénateurs et au Gouvernement

Alors que le Sénat doit examiner le budget ce 28 avril, le même jour que le vote métropolitain, Michel Illac lance une mise en garde : "Que les sénateurs réfléchissent bien. Les communes, les maires et la Métropole de Marseille sont attentifs sur cette proposition de Versement Mobilité. Avant le 28, ils ont quelques jours pour prendre leurs responsabilités."

L'info en plus : Concernant son rôle au sein du bureau exécutif, Michel Illac laisse entendre qu'une délégation liée à la mer et au littoral pourrait lui être confiée prochainement, un domaine qu'il a lui-même sollicité.

 

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