Istres
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Politique
Robin Prétot (Istres) : "Le système Bernardini, c'est fini"3min
Par Maritima 07/06/2026 à 13:00
Invité de l'émission "Rue de la République" (Maritima / La Marseillaise), le nouveau maire d'Istres, Robin Prétot, revient sur le « séisme » de son élection et détaille sa feuille de route. Entre transparence démocratique, rigueur budgétaire et opposition ferme au projet d'incinerateur de Suez, le jeune édile veut tourner définitivement la page du "système Bernardini".
À 36 ans, Robin Prétot est devenu en mars dernier le plus jeune maire de l'histoire d'Istres. Élu avec 60 % des voix lors d'une triangulaire marquée par l'effondrement de la municipalité sortante, il analyse ce résultat comme un message clair des Istréens : « C’est une lassitude, un rejet de Monsieur Bernardini et de son équipe, et une déconnexion qu’ils avaient sur les attentes des citoyens », confie-t-il au micro de Didier Gesualdi et Léo Purguette.
Un virage vers la « transparence totale »
Dès sa prise de fonction, Robin Prétot a souhaité rompre avec une gestion qu'il jugeait trop verticale. « J'ai été opposant et j'ai subi ce fonctionnement centralisé. Je ne veux pas le faire subir à mes opposants », explique-t-il, annonçant l'élargissement des droits de l'opposition et la mise en ligne systématique des documents budgétaires et des replays du conseil municipal. Symbole de cette ouverture : la terrasse de la mairie sera accessible au public cet été pour les feux d'artifice.
Sur le plan judiciaire, le maire a confirmé que la commune se portait partie civile dans le procès visant François Bernardini. Une décision mûrement réfléchie : « Mon sujet est politique, pas judiciaire. Mais en tant que maire, je dois défendre les intérêts de la ville. On doit toute la vérité aux gens et aux agents. »
« Le temps de la folie des grandeurs est terminé »
Pour Robin Prétot, Istres doit entrer dans une ère de responsabilité financière. « On a eu cette culture à une vieille époque où l'argent coulait à flots. Aujourd'hui, l'argent manque partout. Il faut être raisonnable », martèle-t-il. Avec une taxe foncière à 54 % — l'une des plus élevées de la région — l'édile refuse toute nouvelle hausse d'impôts et prône une gestion de « bon sens ».
Cette rigueur impacte les projets phares de la ville :
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Le Théâtre d'Istres : Si les travaux continuent malgré trois mois de retard, le maire a gelé le processus d'ouverture (prévu en septembre 2028) pour repenser le modèle économique. « On ne l'ouvrira pas tant qu'on n'aura pas trouvé de solution pour le faire fonctionner sans que cela coûte un million et demi par an à la commune. »
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Rénovation urbaine : lancement du "Plan Phénix" pour réhabiliter le centre-ville dégradé et le "Plan de Coubertin" pour rénover les gymnases existants plutôt que d'en construire de nouveaux.
Guerre ouverte contre l'incinerateur Suez
Le dossier qui « hérisse » le maire est celui de la chaufferie CSR portée par Suez, qu'il qualifie d'incinerateur déguisé. « C’est une mauvaise blague. Istres n’a pas vocation à accueillir tous les déchets du territoire », tonne Robin Prétot. S'il soutient le développement du pôle aéronautique et la décarbonation de la zone de Fos, il refuse l'afflux de camions supplémentaires : « On a déjà pris notre part pendant des décennies avec les poubelles des Marseillais à Entressen. Maintenant, place aux autres. »
Métropole : « Le ver était dans le fruit »
Interrogé sur la crise financière de la Métropole Aix-Marseille-Provence, Robin Prétot ne cache pas ses inquiétudes, notamment sur une éventuelle baisse des attributions de compensation (AC) qui représentent la moitié du budget de fonctionnement d'Istres. « Si on bouge de 1 ou 2 %, je dois trouver 1,5 million d'euros. C’est juste pas possible. »
Il se dit toutefois ouvert à un déplafonnement du Versement Mobilité payé par les entreprises, à une condition : « Que cette taxe finance les infrastructures de transport qui desservent directement ces entreprises et leurs salariés, comme sur le bassin de Fos. »
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