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SOS Méditerranée : Sophie Beau dénonce la « dérive » de Martine Vassal après la menace de couper les subventions3min
Par Maritima 27/01/2026 à 11:23
La menace est claire : Martine Vassal souhaite supprimer les aides publiques à SOS Méditerranée si elle est élue en mars prochain. Pour Sophie Beau, cofondatrice de l’association, ce discours emprunte désormais les codes de l’extrême droite. Au micro de Didier Gesualdi, elle défend une mission de sauvetage qu'elle juge avant tout légale et morale.
Le climat de campagne pour les prochaines échéances locales se tend. En ciblant les subventions de SOS Méditerranée, Martine Vassal a provoqué une vive réaction de l’ONG. « Nous exprimons notre inquiétude face à ce que nous considérons être une dérive », explique Sophie Beau. « Martine Vassal emprunte aujourd’hui une rhétorique et des mots qui appartiennent habituellement à l’extrême droite. »
« Des accusations diffamatoires »
La cofondatrice de l'association s'insurge contre les critiques suggérant une complicité avec les passeurs. « Dire que nous encourageons le trafic d’êtres humains est tout à fait inadmissible. C’est scandaleux de s’attaquer ainsi à une activité dont le but est de sauver des vies, conformément au droit maritime international », martèle-t-elle, rappelant que le Conseil d'État a récemment confirmé la légalité des subventions accordées en 2024.
Pour Sophie Beau, cette remise en question de l'action humanitaire met en péril les fondements mêmes de la solidarité. « Je pense qu'il y a d'autres combats politiques à mener. Ce type de discours m'inquiète vraiment, cela me fait penser à ce que l'on voit dans d'autres parties du monde, comme aux États-Unis. »
380 disparus en une semaine : la réalité du terrain
Au-delà de la polémique budgétaire, Sophie Beau a tenu à recentrer le débat sur le drame qui se joue actuellement au large des côtes libyennes. La semaine dernière, alors qu’une tempête faisait rage en Méditerranée centrale, le bilan a été effroyable.
« Il y a eu probablement 380 disparus la semaine dernière. Les garde-côtes italiens font le compte de huit embarcations qui auraient disparu. On a un seul survivant récupéré par un bateau de marine marchande », détaille-t-elle avec émotion.
En finir avec la théorie de « l’appel d’air »
L’un des arguments majeurs des détracteurs de SOS Méditerranée est que la présence de navires de sauvetage inciterait les migrants à prendre la mer. Une théorie que Sophie Beau démonte point par point : « Notre bateau n’était pas en mer à ce moment-là. Il n’y avait aucun navire de sauvetage, et pourtant, huit embarcations sont parties. Et qu’est-ce qu’il se passe ? Les personnes se noient. »
Elle pointe également une contradiction dans le discours de Martine Vassal, rappelant que l'élue avait tenu des propos bienveillants lors de la venue du Pape à Marseille. « Il faut arrêter de changer de discours d’un contexte à l’autre. Nous faisons notre travail de manière extrêmement professionnelle, et il faut que ces attaques cessent. »
Depuis sa création en 2016, SOS Méditerranée a secouru 42 831 personnes. Un chiffre qui, pour Sophie Beau, justifie à lui seul la poursuite de leur mission, malgré les tempêtes politiques.
Retrouvez l'invité de la rédaction sur maritima radio du lundi au vendredi à 8h15 et 12h15 au micro de Didier Gesualdi
crédit photo SOS Méditerranée
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