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Municipales 2026 à Marseille : dans les quartiers Nord, gauche et extrême droite à la chasse aux abstentionnistes

3min

Par Maritima 20/03/2026 à 16:02

"La politique ne m'intéresse pas", "j'étais malade", "des élections? je savais pas"... dans les quartiers Nord de Marseille, où l'abstention a battu des records, les candidats de gauche comme d'extrême droite redoublent d'efforts pour convaincre avant le second tour crucial de dimanche.

Benoît Payan, maire sortant divers gauche, et Franck Allisio, son challenger RN, sont arrivés au coude-à-coude au premier tour, marqué par une faible participation: 52,17%, soit 5 points de moins que la moyenne nationale.

Et davantage encore dans les quartiers populaires périphériques: moins d'un électeur sur deux (44,57%) s'est déplacé aux urnes dans le 7e secteur (qui regroupe les paupérisés 13-14e arrondissement) voire seulement 38,57% dans le voisin 8e secteur (15-16e).

Tractage auprès d'automobilistes ou de commerçants pour l'extrême droite, porte-à-porte dans des cités ou à la sortie d'écoles pour la gauche, chaque camp est, pendant l'entre-deux tour, parti chasser les abstentionnistes, particulièrement dans ces quartiers.

"Soit vous votez pour Benoît Payan, c'est lui qui a refait l'école, sinon c'est le Rassemblement national (RN) qui passe!", lance Tina Biard-Sansonetti, tête de liste de la coalition gauche-écolo-citoyenne dans le 7e secteur, à Miloudi, 33 ans, attendant sa fille devant l'école élémentaire récemment rénovée.

"Oui, je sais...", lui répond-t-elle timidement. Jugeant  l'élection "importante pour notre avenir car le RN, ils sont racistes", elle avoue toutefois ne pas avoir voté dimanche dernier car elle "était malade". Mais "promet" de se déplacer cette fois.

Sa voisine, Sara, 25 ans, acquiesce: "J'ai pas envie qu'une ville aussi multiculturelle que Marseille bascule RN". Pourtant, elle aussi n'a pas glissé de bulletin, pensant "qu'il fallait une carte électorale pour voter" alors qu'un document d'identité suffit, à condition d'être inscrit sur les listes électorales.

Epaulée d'une douzaine de militants, la candidate effectue ensuite un porte-à-porte dans une cité voisine bien entretenue.

Diego, la cinquantaine, ne "vote plus depuis avoir été déçu par François Hollande". Son voisin, Bachir Boudjatit, la soixantaine, l'interpelle: "hein Diego, tu vas voter Payan? Faut pas voter facho!". "Bon, on ira ensemble...", lui répond Diego. Bachir lui paiera même le café pour l'occasion.

 

"Pas les bienvenus"

 

Le RN, lui, est peu visible dans les HLM pauvres. "On n'est pas les bienvenus", reconnaît le militant Dany Lamy. Une équipe a tenté une opération de porte-à-porte "mais un chouf (guetteur d'un point de deal) nous a pris nos tracts". Il est persuadé que beaucoup d'habitants des cités adhèrent pourtant "en secret" à leurs idées.

Face à Mme Biard-Sansonetti, arrivée deuxième avec 26,42% des voix dans ce 7e secteur de 152.655 habitants, le plus densément peuplé de la cité phocéenne, la candidate d'extrême droite Sandrine D'Angio, forte de ses 39,78%, part favorite.

Sa stratégie ? "Etre dans la proximité", "discuter des problèmes" des habitants et surtout mobiliser les abstentionnistes comme la vendeuse en pharmacie du centre commercial des Prairies. "J'ai arrêté de voter parce que cela ne sert à rien", estime celle-ci, qui a grandi dans la cité de Frais-Vallon, à deux kilomètres, mais n'y met plus un pied par "peur" et préfère donc ne pas donner son nom.

Le discours du RN autour de la "sécurité" va peut-être la convaincre de se déplacer dimanche. Le "coeur à gauche", elle estime que sa ville a été abandonnée par tous les politiques sans exception. "Autant essayer quelque chose de nouveau", poursuit la vendeuse.

Particulièrement active hors du centre-ville où le RN a fait ses meilleurs scores, l'équipe de M. Allisio jure ne pas "raisonner en zone géographique mais en réserve de voix".

Car comparé aux élections passées, des milliers manquent à l'appel: au premier tour des législatives de 2024, le RN avait récolté 110.744 voix (33,16%) à Marseille. Soit 11.607 suffrages de plus qu'au premier tour des municipales.

Les récupérer permettrait d'atteindre un double objectif: l'emporter et "faire oublier la droite", selon le sénateur (ex-RN) Stéphane Ravier, oncle de Mme D'Angio.

Le RN est d'ailleurs en mesure de gagner trois secteurs périphériques de la ville actuellement aux mains de la droite traditionnelle.

 

© Agence France-Presse (par D. Courbet et W. Essalhi) 

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