Métropole d'Aix-Marseille-Provence
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Métropole Aix-Marseille-Provence : derrière l'unité budgétaire, l'alerte des maires face aux 150 millions de coupes de l'État2min
Par Jean-Michel Darras16/10/2026 à 07:50
Ce jeudi, les 92 maires de la Métropole Aix-Marseille-Provence ont voté à l'unisson le budget 2026, comblant par l'endettement le déficit de 53 millions d'euros qui avait valu à l'institution une mise sous tutelle au printemps. Mais si cette solution comptable permet de passer l'année 2026, l'avenir s'annonce bien plus sombre. Face aux 150 millions d'euros de coupes budgétaires annoncées par l'État à partir de 2027, les édiles métropolitains, dont Robin Prétot (Istres) et Gaby Charroux (Martigues), tirent la sonnette d'alarme.
Une motion unanime contre le projet de loi de finances du gouvernement
Derrière le vote du budget 2026, une contestation politique majeure s'est exprimée dans l'hémicycle métropolitain. Les 92 maires ont signé une motion commune pour dénoncer le projet de loi de finances de l'État. Ce texte prévoit en effet une réduction drastique de 150 millions d'euros sur les dotations métropolitaines dès 2027.
Si la solution du recours à l'emprunt a permis d'équilibrer les comptes de l'année 2026 et de lever la crise immédiate, les experts s'accordent à dire qu'elle ne fait que repousser à 2027 un dilemme financier insurmontable sans arbitrages lourds.
Robin Prétot (maire d'Istres) : « C'est un cataclysme pour notre ville »
Pour Robin Prétot, maire d'Istres, l'impact de ce coup de rabot étatique est direct et chiffré : plus de 5 millions d'euros de pertes pour sa commune, se classant ainsi comme la 4ᵉ ville des Bouches-du-Rhône la plus touchée par cette baisse de recettes. « C'est un cataclysme, explique le maire d'Istres. 5 millions d'euros, c'est à peu près soit le budget de notre CCAS, soit le montant des subventions qu'on donne à la vie associative. Ça pose la vraie question de comment on va pouvoir continuer d'assurer un niveau de service public de qualité auprès des gens avec une telle baisse de recettes. »
Face à ce qu'il qualifie de situation « insupportable », l'élu istréen appelle à durcir le ton face au gouvernement : « Là-dessus, on est tous alignés parce qu'on est tous touchés par cette problématique. Moi je pense qu'il faut qu'on aille plus loin, il faut qu'on monte à Paris, qu'on aille manifester aussi à Paris, parce qu'on ne peut pas accepter de tout simplement se faire plumer. »
Gaby Charroux (maire de Martigues) : 7 millions d'euros à trouver et des arbitrages à venir
Du côté de Martigues, la saignée s'annonce tout aussi brutale. La coupe métropolitaine directe est évaluée à 4,5 millions d'euros, auxquels s'ajoutent d'autres prélèvements pour porter la perte totale à 7 millions d'euros.
Pour Gaby Charroux, maire de Martigues, les conséquences sur la préparation du budget 2027 s'annoncent très concrètes : « Cela veut dire des difficultés supplémentaires pour boucler notre budget en 2027. D'ores et déjà, on a évidemment commencé à travailler à ça, et il y aura probablement des modifications ici et là, des tarifs peut-être, de certains services rendus... Nous essayerons de faire pour que nos concitoyens ne souffrent pas de ces difficultés-là, mais ça devient vraiment très préoccupant pour l'autonomie des communes. »
Menace de boycott des élections présidentielles
Face à cette menace sur les finances locales et l'autonomie municipale, le ras-le-bol des élus locaux franchit un nouveau cap. Pour se faire entendre du pouvoir central, certains maires de la Métropole Aix-Marseille-Provence ont même proposé une mesure radicale : le boycott pur et simple de l'organisation des prochaines élections présidentielles dans leurs communes.
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