LogoMaritima

°C

Zone Etang de Berre

-

Environnement,

Politique,

Fil rouge Maritima

Environnement : des associations sonnent l'alarme auprès des candidats de l’Ouest de l’étang

8min

Par Maritima 09/03/2026 à 17:00

À quelques jours du premier tour des municipales, un collectif de cinq associations environnementales monte au créneau. De Martigues à Fos-sur-Mer, en passant par Saint-Mitre, Istres, Port-Saint-Louis et Port-de-Bouc, ils interpellent les candidats au sujet de l'urgence sanitaire et climatique. Entre biodiversité menacée et pollution record, notre reporter Michel Montagne vous propose ce "Fil Rouge" de la colline de Saint-Blaise aux rives du Cavaou.

Sous une pluie fine aux allures de brume écossaise, le panorama depuis le Pavillon Roland sur le site archéologique de Saint-Blaise reste pourtant saisissant. Face à l'étang de Lavalduc, Christian Marquis, de l’association Cistude, contemple ce qu’il appelle un "joyau de la biodiversité". C'est ici, entre le bleu des eaux et l'ocre des collines, que l'un des combats pour l'avenir de l'Ouest de l'Étang de Berre se cristallise.

 

Un "Parc Naturel des Six Étangs" pour contrer le béton

Le collectif, qui regroupe les associations Adevimap, Alternatiba, Cistude, Respire et Sauvons nos Étangs, a envoyé un questionnaire précis aux candidats des six communes concernées (Martigues, Port-de-Bouc, Saint-Mitre, Istres, Fos et Port-Saint-Louis).

Parmi leurs propositions : la création d’un Parc Naturel Régional des Six Étangs"Ce territoire possède une part de sauvage, une part de rêve. Laissez-nous le rêve", plaide Christian Marquis. Pour protéger ce sanctuaire où poussent des plantes endémiques que viennent étudier des botanistes de Porquerolles, le collectif s'oppose fermement au projet du "Barreau des Étangs" (liaison A55). "Une autoroute deux fois deux voies avec 40 000 véhicules par jour, dont 11 000 camions, qui défigurerait définitivement cet espace", prévient-il.

 

Santé : "Nous détenons la triste palme du taux de cancer"

À Martigues, le discours se fait plus grave dès que l'on aborde la question de la santé publique. Christiane de Félice, représentante de l'Adevimap (Association de défense des victimes de maladies professionnelles), rappelle l'urgence d'une surveillance sanitaire accrue.

"Nous détenons dans ce coin la triste palme du taux de cancers le plus élevé de toute la région PACA", déplore-t-elle au micro de Maritima. L'association demande aux futurs élus de s'engager pour une nouvelle étude épidémiologique indépendante et, surtout, pour une meilleure formation des professionnels de santé. "Le médecin doit poser deux question essentielles : où habitez-vous et où travaillez-vous ? Il faut que le diagnostic tienne compte du contexte de pollution industrielle", insiste-t-elle.

 

188 jours de pollution en un an : les risques de la "sur-industrialisation"

Le constat chiffré est accablant. Selon les relevés de l'association, le territoire a subi 188 jours de pollution entre mars et octobre 2025. Un début d'année 2026 qui ne semble pas inverser la tendance avec déjà 14 jours relevés en janvier et 18 en février.

À Fos-sur-Mer, René Claret (Cistude) rejette le terme de "ré-industrialisation" souvent utilisé par les politiques. "On n'efface pas l'existant. C'est donc une sur-industrialisation", martèle-t-il. "Nous ne sommes pas des citoyens de seconde zone qui doivent survivre dans une zone de seconde zone."

Le collectif demande des mesures concrètes et immédiates comc,e notamment :

  • Le rétablissement par l'Etat des CHSCT (comités d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail) supprimés dans les entreprises.

  • Une végétalisation massive des espaces publics et des cours d'école pour lutter contre les canicules.

  • Le développement des transports en commun et des mobilités douces.

  • La lutte contre le gaspillage d'énergie : moins de climatisation, plus d'isolation

 

Climat : canicules, sécheresses, printemps précoces, ce qui nous attend 

Ce doux printemps précoce qu'apprécient tant de nos concitoyens ne réjouit pas Bernard Vignal d'Alternatiba, il lui donne même grise mine puisque c'est l'un des signes évidents du dérèglement climatique. Les Saints de glace n'étant pas passés, on est toujours sous la menace du gel et les vergers pourraient en être affectés, ce qui aurait des conséquences sur la production fruitière. 
Sensibiliser sur les causes de ce dérèglement, alerter sur ses conséquences et proposer des solutions, comme celles précitées, voilà quelques-unes des pistes proposées en vue d'adoucir nos lendemains. 

 

"Les vies avant les profits"

 Le message envoyé aux candidats est sans équivoque : l'environnement ne connaît pas de frontières municipales. "Les vies avant les profits", résume René Claret, reprenant une "une" célèbre de la presse locale.

Que les candidats aient répondu ou non au questionnaire, le collectif prévient : il suivra de près les actions des futurs maires. Car derrière la beauté des étangs, c'est aussi la survie d'un territoire et de ses habitants qui se joue.


A lire aussi


Vitrolles : le quartier des Pins s’offre un nouveau parking « vert » et solidaire

Vitrolles

-

Environnement

Vitrolles : le quartier des Pins s’offre un nouveau parking « vert » et solidaire

Érosion : comment le Port de Marseille Fos veut empêcher la disparition de la Gracieuse

Port-Saint-Louis-du-Rhône

-

Environnement

Érosion : comment le Port de Marseille Fos veut empêcher la disparition de la Gracieuse

Etang de Berre : ce chantier devrait améliorer la qualité de l'eau de l'étang de Bolmon

Châteauneuf-les-Martigues

-

Environnement

Etang de Berre : ce chantier devrait améliorer la qualité de l'eau de l'étang de Bolmon

Marseille : la nouvelle réglementation de la pêche de loisir « c'est du flicage ! »

Marseille

-

Environnement

Marseille : la nouvelle réglementation de la pêche de loisir « c'est du flicage ! »

93.6 & 87.9 FM

Abonnez-vous à la newsletter
pour suivre notre activité et obtenir des offres