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Santé
Provence-Alpes-Côte d'Azur : un plan régional pour mieux protéger les soignants3min
Par Océane Portelli10/06/2026 à 08:08
Face à la hausse des violences envers les professionnels de santé, la Préfecture, l'Agence régionale de santé et la Région Sud lancent un plan de sécurisation à l'échelle de la région avec pour objectif de mieux protéger les soignants et d'améliorer leurs conditions d'exercice.
Insultes, menaces, agressions verbales ou physiques. Les violences visant les professionnels de santé sont en augmentation. En 2024, 1 671 signalements ont été recensés dans la région par l'Observatoire national des violences en santé. Un chiffre probablement sous-estimé, considérant que de nombreux incidents peuvent n'avoir jamais été déclarés.
Face à ce constat, la Préfecture de région, l'Agence régionale de santé (ARS) PACA et la Région Sud ont présenté, ce mardi 9 juin à Aix-en-Provence, un plan régional de sécurisation des soignants. « Il faut protéger nos soignants, qu'ils soient médecins ou professionnels de santé, parce qu'ils contribuent à la vie de nos quartiers, de nos villages et de nos villes », a rappelé le préfet de région, Jacques Witkowski. « On note ces dernières années des agressions inadmissibles à l'encontre des professionnels de santé », explique-t-il.
Quatre millions d'euros dès cette année
Le dispositif s'adresse à l'ensemble des professionnels de santé, qu'ils exercent à l'hôpital, dans une maison de santé, un centre de santé ou en libéral. « On a conçu un plan en six points pour sécuriser l'ensemble des soignants », explique Yann Bubien, directeur général de l'ARS PACA. « Hier encore, deux soignants et deux pompiers ont été agressés aux urgences du CHU de Nice. Il y a une urgence à agir collectivement pour assurer la sécurité des soignants de la région. »
Pour financer ces mesures, quatre millions d'euros seront mobilisés en 2026 : trois millions pour les établissements de santé, 500 000 euros pour les maisons de santé et 500 000 euros pour les professionnels libéraux. Les actions prévues seraient l'installation de dispositifs d'alerte, le renforcement de la vidéosurveillance, la sécurisation des accès aux structures de soins ou encore la formation des professionnels à la gestion des situations conflictuelles.
Un sentiment d'insécurité sur le terrain
À la Maison de santé pluriprofessionnelle Encagnane à Aix-en-Provence, certains dispositifs existent déjà. C'est le cas du cabinet du docteur Charlotte Larchevêque. « On a une petite alarme qu'on n'a jamais utilisée jusqu'à présent », explique la médecin. Mais au-delà des équipements, elle évoque aussi un malaise plus profond chez certains professionnels. « On a un sentiment d'insécurité et surtout un sentiment de solitude. Quand une personne est frustrée, énervée, angoissée ou anxieuse, et que son premier réflexe est l'agression, on essaie de calmer le jeu », témoigne-t-elle.
La praticienne attend de ce nouveau plan une amélioration des conditions de travail des soignants et de renforcer l'attractivité de la profession. « J'espère que le système de sécurité proposé permettra aussi qu'on se sente mieux pour travailler et qu'on puisse attirer des professionnels de santé à venir travailler avec nous », souligne-t-elle.
Au-delà de la protection des soignants, les pouvoirs publics estiment que l'enjeu concerne également l'accès aux soins. Des professionnels davantage en sécurité seraient aussi plus enclins à s'installer durablement dans les territoires qui manquent de médecins et donc lutter contre les déserts médicaux.
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