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Santé et pollution autour de l’étang de Berre : ce que révèlent les deux nouvelles études choc

3min

Par Maritima 02/04/2026 à 09:33

Plus de 90 participants se sont réunis hier à Fos-sur-Mer pour la réunion annuelle du dispositif RÉPONSES. Entre baisse historique de certains polluants et sur-risques sanitaires persistants (asthme, prématurité), le bilan est contrasté. Invitée ce matin sur Maritima Radio, Gwénaëlle Hourdin, déléguée générale du SPPPI, décrypte ces résultats qui touchent au quotidien des habitants de l'Ouest de l'Etang de Berre.

Depuis sept ans, le dispositif RÉPONSES joue la carte de la transparence totale. Ce "dialogue inversé", unique en France, permet aux citoyens d'interpeller directement les industriels et l'État. Le bilan chiffré est éloquent : depuis 2019, plus de 5 400 habitants ont été entendus, générant 255 actions concrètes pour améliorer la qualité de l’air.

 

SCENARII-2 : La pollution baisse, mais quatre polluants restent sous haute surveillance

Dix ans après le premier volet, l’étude SCENARII-2 (AtmoSud, ARS, DREAL) apporte une bouffée d'oxygène : la concentration de nombreux polluants se stabilise ou diminue sur les 66 communes étudiées. Au micro de Maritima, Gwénaëlle Hourdin souligne une avancée majeure : "Sur la pollution industrielle, on a diminué de 24% les émissions de composés organiques volatils (COV). C’est une action massive, bien plus importante que ce qui se fait ailleurs en France."

Cependant, l’étude pointe une zone d'ombre. Un excès de risque sanitaire persiste, lié spécifiquement à quatre substances d'origine industrielle :

  1. L’oxyde d’éthylène

  2. Le 1,2-dichloroéthane

  3. Le cobalt

  4. Le chlorure de vinyle monomère

Ces composants, ainsi que le benzène ou le naphtalène, restent le point noir sur lequel les autorités et les industriels doivent désormais concentrer leurs efforts.

 

"La pollution de l’air a beaucoup, beaucoup baissé"

S’appuyant sur l’étude SCENARII menée par AtmoSud, la Dreal et l’Agence Régionale de Santé, le SPPPI confirme une tendance positive entamée il y a près de dix ans. Si une première étude en 2015 avait pointé des zones de vigilance, les actions mises en place portent aujourd'hui leurs fruits.

"L’évolution de la pollution de l'air a beaucoup, beaucoup baissé, et ça, même les citoyens que l'on a rencontrés hier nous le disent", se réjouit l'invitée de Maritima. Pour autant, elle refuse tout triomphalisme : "Il y a toujours une vigilance à avoir. Il reste un risque sanitaire persistant, notamment pour ceux qui travaillent dans ces industries."

 

Asthme et prématurité : le lien avec la proximité industrielle confirmé

La grande nouveauté de cette année est la présentation de l'étude nationale "Bassins industriels et santé" menée par Santé publique France. Pour la première fois, des données scientifiques confirment les craintes des riverains de l’étang de Berre.

L'étude met en évidence :

  • Un sur-risque d'asthme chez l'enfant.

  • Une augmentation de la morbidité respiratoire chronique chez les adultes.

  • À proximité immédiate des sites SEVESO ou industriels : un risque accru de prématurité et une hausse de la mortalité globale (hors causes violentes).

"Il reste un risque sanitaire persistant", admet Gwénaëlle Hourdin, tout en rappelant que la pollution de l'air a globalement baissé sur le territoire. L'enjeu est désormais d'affiner ces données, parfois incomplètes, pour mieux protéger les populations les plus fragiles.

 

Cap sur le climat : RÉPONSES intègre les gaz à effet de serre

Fort de ses succès sur la qualité de l'air, le dispositif élargit son champ d'action. "La grosse étape que nous franchissons, c'est d'intégrer les gaz qui ont un impact sur le changement climatique", explique l'invitée de Maritima.

Cette ouverture vers la décarbonation va permettre d'intégrer de nouveaux acteurs autour de la table de concertation. L'objectif reste le même : transformer la défiance historique du territoire en un dialogue constructif. "Ce que l'on peut voir, c'est que 'Réponses', ça fonctionne. Il y a cet espace de dialogue constructif et apaisé dans lequel on peut progresser ensemble. C’est une façon de faire qui a changé radicalement le territoire", conclut-elle.

 

Prochaine étape : RÉPONSES revient sur le terrain à votre rencontre

Le dispositif ne compte pas s'arrêter là. Une nouvelle phase, baptisée Temps#1, débutera prochainement. Les équipes de RÉPONSES iront à nouveau sur les marchés et dans les médiathèques de l'arrondissement d'Istres pour recueillir les attentes des citoyens et préparer les futures actions du plan 2025-2026.

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