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Sidaction : pourquoi la lutte contre le VIH piétine-t-elle encore en France ?3min
Par Maritima 27/03/2026 à 10:10
À l'occasion du lancement du Sidaction, les acteurs de terrain rappellent que si la médecine a fait des bonds de géant, l'éradication de la maladie se heurte encore à des obstacles financiers et sociaux. Entre espoirs biomédicaux et réalités de terrain, le combat est loin d'être gagné.
Un échec collectif malgré des outils performants
Alors que l'objectif mondial est d'éradiquer les contaminations d'ici 2030, la France enregistre encore environ 5 100 nouveaux cas par an. Pour Michel Bourrelly, président de "Vers Marseille sans sida et sans hépatite", ce chiffre est le signe d'une stagnation évitable. Invité de Maritima Radio, il souligne que : « Quand une maladie est évitable mais qu'elle continue à se transmettre, ce n'est plus un problème médical, c'est un échec collectif ».
L'épidémie reste aujourd'hui très concentrée au sein de certaines populations : les hommes ayant des relations sexuelles avec d'autres hommes, les personnes nées à l'étranger et les territoires ultramarins, notamment la Guyane.
La révolution du traitement comme outil de prévention
L'un des messages les plus forts de cet entretien concerne l'efficacité des traitements actuels, qui permettent non seulement de vivre avec le virus, mais aussi d'annuler le risque de transmission. Michel Bourrelly explique qu'une personne traitée « va vivre parce que les traitements sont efficaces et en même temps elle ne transmettra plus le VIH, même s'il n'y a pas d'utilisation de préservatif lors des rapports sexuels ».
Malgré cette avancée, la « sérophobie » (discrimination envers les personnes séropositives) persiste et freine le dépistage. La peur du regard des autres pousse certains individus à se faire tester trop tardivement.
Au-delà du préservatif : l'émergence de la PrEP
Si le préservatif reste un pilier, la prévention dispose désormais d'une arme supplémentaire : la PrEP (prophylaxie de pré-exposition). Ce traitement médicamenteux, pris en amont d'un rapport, empêche la contamination. Michel Bourrelly compare ce dispositif à une protection antipaludique : « C'est un peu comme pour le paludisme lorsqu'on va dans des pays qui sont infectés par le paludisme. On prend des traitements en amont qui évitent d'être contaminés. C'est la même chose ».
Cependant, le manque de campagnes de prévention d'envergure de la part de l'État est pointé du doigt. Les associations, en première ligne, déplorent un manque de moyens pour faire connaître ces outils qui pourraient, à terme, changer la donne et mettre fin à l'épidémie.
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