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Santé
« Le tabac est la première source » : à Marseille, immersion dans le laboratoire qui traque le Cadmium, ce tueur silencieux3min
Par Maritima 04/04/2026 à 13:21
C’est un enjeu de santé publique majeur qui se joue dans le 14e arrondissement de Marseille. Au plateau technique de Sainte-Marthe, le groupe Inovie déploie une technologie de pointe pour dépister le Cadmium, un métal lourd cancérogène qui s'accumule dans nos corps pendant des décennies. Alors que l’Assurance Maladie acté son remboursement, Maritima a poussé les portes de ce laboratoire unique pour comprendre comment nous sommes exposés et comment se protéger. Reportage.
Dans le brouhaha des automates et le va-et-vient des techniciens en blouse blanche, une machine se distingue : l’ICP-MS. Derrière ce nom barbare se cache la "spectrométrie de masse", une technologie capable de détecter des traces infinitésimales de métaux dans le sang ou l'urine. Ici, au siège d'Inovie Labosud Provence, on traite les prélèvements issus de 70 laboratoires de la région.
« Il faut 20 ans pour l'éliminer »
Le Cadmium n'est pas un nouveau venu, mais l'inquiétude grandit. « C’est un métal qui s'accumule dans l’organisme et qui met environ 20 ans à être éliminé », explique le Docteur Jenny Becam, médecin biologiste spécialisée en pharmaco-toxicologie et santé fonctionnelle .
Présent naturellement dans les sols, il se retrouve dans notre assiette via les plantes, les animaux et les produits transformés, mais pas seulement. « Le tabagisme reste la plus grosse source d’exposition », prévient la spécialiste. Une exposition chronique qui peut faire des ravages sur le long terme : « Le Cadmium est associé à des problèmes rénaux, pancréatiques et osseux, comme l'ostéoporose. »
Un dépistage désormais remboursé
Jusqu'à récemment, le dosage du Cadmium était réservé à des contextes très spécifiques. La grande nouveauté ? « Désormais, le dosage peut être prescrit par les médecins généralistes et remboursé par l’Assurance Maladie », souligne le Dr Becam au micro de Maritima de Cyrielle Blazikowski.
Le remboursement de ce dépistage devrait être appliqué d'ici l'été. Cette avancée permet une meilleure surveillance de la population générale, notamment en cas de suspicion d'exposition ou de pathologies aggravées par les métaux lourds. « Notre responsabilité est d’être prêts à produire des résultats fiables, accessibles et rapides », ajoute-t-elle.
Marseille, berceau historique de cette expertise
Si ce laboratoire est aujourd'hui en pointe, c'est aussi grâce à son histoire locale. L’expertise d'Inovie en toxicologie est née de la proximité avec les sites industriels de l’Étang de Berre et de Fos-sur-Mer.
« Il y a une dizaine d’années, en échangeant avec les médecins du travail qui suspectaient des polluants comme le chrome ou le molybdène, il est apparu évident que nous devions développer un plateau technique de très haut niveau », rappelle Jenny Becam. Aujourd'hui, cette "sentinelle" marseillaise surveille non seulement les travailleurs exposés, mais aussi chaque citoyen soucieux de sa santé environnementale.
Comment se faire dépister ?
Le parcours est simple :
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Consultation : votre médecin généraliste évalue le risque et rédige une ordonnance.
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Prélèvement : il s'effectue dans n'importe quel laboratoire de proximité du réseau Inovie.
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Analyse : le tube est acheminé vers le plateau technique de Sainte-Marthe pour y être analysé par des experts.
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Résultats : ils sont transmis sous quelques jours au patient et au médecin pour interprétation.
« On ne traite pas qu'un chiffre, on accompagne un patient », conclut le Dr Becam. Une vigilance qui pourrait bien changer la donne dans la prévention des cancers et des maladies chroniques en Provence.
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