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Marseille : poupon macabre, "Dr Opium" et coffre-fort à secrets... Plongée dans les trésors oubliés de l'Hôpital Sainte-Marguerite3min
Par Maritima 26/05/2026 à 17:49
Nichée dans l'une des ailes de l'Hôpital Sainte-Marguerite, une association de passionnés sauve de l'oubli des siècles d'histoire de la santé marseillaise. Entre instruments de chirurgie "science-fictionnels" et souvenirs des médecins de Néron, notre reporter Michel Montagne a poussé les portes de ce véritable cabinet de curiosités XXL dans le cadre du "Fil rouge" sur Maritima radio. Reportage.
C’est un voyage dans le temps qui commence par une vision surprenante : un poupon au crâne de tête de mort, installé au milieu d’un bassin féminin en bronze. « C’est une machine destinée à montrer aux futurs médecins et aux sages-femmes la mécanique d'un accouchement », explique Jean-Louis Blanc, président de l’Association des Amis du Patrimoine Médical de Marseille. Un objet du XIXe siècle, témoin d'une époque où l'on apprenait à donner la vie avec des outils qui, aujourd'hui, font presque peur.
Le cabinet du "Docteur Opium"
Plus loin, le décor change. On pénètre dans la reconstitution fidèle du cabinet d’un médecin de famille. Mannequin à moustache noire rétro, téléphone en bakélite et, sur le bureau, une bonbonne étiquetée "Opium". « À l'époque, c'était un médicament avant de devenir célèbre uniquement pour l'usage stupéfiant qu'on lui connaît aujourd'hui », rappelle Michel Montagne.
Une vieille plaque en cuivre cabossée rappelle le prestige de la fonction : "Ancien interne des hôpitaux, chef de clinique".
Jean-Louis Blanc précise une nuance historique de taille : « Marseille n’était pas encore Faculté de médecine, elle ne l’est devenue qu’en 1930. » Entre un stéthoscope qui ressemble à un bougeoir et un négatoscope pour radiographies du début du XXe siècle, l'évolution technologique saute aux yeux.
De la chirurgie de la cataracte aux médecins de Néron
L’association, qui compte 180 membres, ne se contente pas de stocker des objets ; elle fait revivre l'excellence médicale marseillaise. On y croise le buste de Jacques Daviel, chirurgien de l’Hôtel Dieu mondialement connu pour avoir inventé la chirurgie moderne de la cataracte.
Marseille et la médecine, c'est une histoire d'amour qui remonte à l'Antiquité. « Dès l'époque romaine, deux médecins marseillais, Crinas et Charmis, sont allés à Rome pour être les médecins de Néron », raconte avec passion le président. Et notre reporter de rappeler que les deux praticiens avaient plutôt intérêt à parvenir à guérir le cruel dictateur de ses maux. Quand le médecin risquait plus sa vie que son patient...
Sauvetage in extremis et coffre à secret
Le clou du spectacle reste d'énormes pièces sauvées de la destruction, comme cet immense coffre-fort de 1m80 de haut provenant de l’ancien Hôtel Dieu (devenu aujourd'hui l'InterCContinental, un hôtel de luxe). « C’est un coffre à secret, il faut trois clés pour l’ouvrir », détaille Jean-Louis Blanc en manipulant le mécanisme caché sous une petite boule de décoration. « À l'époque, l'Hôtel Dieu hébergeait les indigents, il n'y avait pas de fortune à l'intérieur, mais on y mettait les médicaments très chers. »
L’association possède également la toute première couveuse pour prématurés, imaginée par le Dr Stéphane Tarnier à la fin du XIXe siècle : une caisse en bois surmontée d'une vitre transparente, réchauffée par des bouillottes d'eau chaude glissées dans un tiroir double-fond et que l'on changeait régulièrement.
Sans oublier le sidérant instrument à baptiser les bébés in utero quand ils risquaient de succomber avant même l'accouchement, soit une seringue dotée d'une longue tige métallique terminée par une capsule percée qui permettait la diffusion de l'eau bénite sur le crâne de l'enfant..
Un appel pour un futur musée
Malgré la richesse de ce patrimoine, le lieu manque encore d'accessibilité et de visibilité. Hébergée par l’Assistance Publique des Hôpitaux de Marseille (AP-HM) dans un ancien pavillon hospitalier, l’association rêve d’un véritable musée de l’histoire de la médecine. « On a tout pour remplir un beau musée, il ne manque plus que le statut officiel et un peu de retour et soutien des collectivités », conclut Michel Montagne qui, stupéfait par la richesse des instruments, objets et visuels présentés, souligne que ce patrimoine médical fait avant tout partie du patrimoine marseillais et de l'histoire de la ville et qu'il a été en grande partie sauvé de la destruction grâce à l'association.
Infos pratiques : comment découvrir ces trésors ?
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Lieu : Pavillon 3, Hôpital Sainte-Marguerite, Marseille.
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Visites : uniquement sur rendez-vous auprès de l'Association des Amis du Patrimoine Médical de Marseille.
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Conférences : un cycle de conférences passionnantes est organisé d'octobre à juin dans le grand amphi de l'Hôpital de la Timone (ouvert à tous).
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