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Grogne des infirmières libérales : soignons nos soignantes* !

5min

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Par Michel Montagne16/05/2024 à 22:02

Choyons-les, chouchoutons-les même. elles nous le rendront bien quand le moment sera venu - espérons-le le plus tard possible - d'avoir recours à leur service et leur sens de l'humain. Retour sur la mobilisation de ce soir à Martigues

Manifestation des infirmières et infirmiers libéraux ce soir, 20 heures, à Jonquières, dans le centre-ville de Martigues.

Elles et ils étaient plus d'une centaine, en combinaison blanche et masque anonyme. À 20h précises, l'ensemble des manifestants s'est couché au sol comme pour signifier la mort lente de leur profession, c'est que nous explique dans cette vidéo Sophie Sirop, infirmière libérale à Martigues. 

 

Images de Norhène Ouerfelli

 

L'ingratitude

On l'a déjà oublié mais, au tout début de l'épidémie de covid, alors que nous subissions le confinement ; que nous étions plongés dans le désarroi, l'angoisse même, face à un avenir devenu imprévisible ; que nous étions confrontés à un danger inconnu qui bouleversait notre quotidien et ébranlait  les fondements mêmes de notre société et alors que nos dirigeants paraissaient eux-aussi désemparés voire impuissants, nous nous étions raccrochés chaque soir à 20 heures à un rituel rassurant : celui d'applaudir à nos fenêtres et balcons celles et ceux qui paraissaient les seuls à même de nous apaiser, les soignants.
Ces héros du quotidien qui, dans le marasme, conservaient leur sang-froid, nous préservant ainsi des risques de contagion d'un virus encore plus dangereux que le covid, la panique.
Et puis, peu à peu, à mesure que la situation sanitaire nous était devenue un peu plus familière et nous inquiétait donc un peu moins, le rituel s'était imperceptiblement transformé en une sorte de défouloir pour nous tous, devenus prisonniers de nos propres foyers.
Et quand l'horizon s'est enfin éclairci, on a vite exprimé le désir de passer à autre chose.
Pire, voulant tourner la page, on a peut-être, inconsciemment, effacé de nos mémoires ces soignants dont la simple évocation suffisait à nous replonger dans cette période sombre et angoissante.

C'est la raison pour laquelle les infirmières et infirmiers libéraux en colère  ont choisi de démarrer leurs manifestations à cet horaire si symbolique de 20 heures, histoire de nous rafraîchir la mémoire et de nous remémorer que, si l'histoire devait se répéter, nous aurions de nouveau besoin d'eux. Parce que, à l'image de l'ensemble des professionnels de la santé, ils exercent une activité non pas essentielle mais bien vitale.
Or, si les infirmières/infirmiers sont toujours fidèles au poste quelles que soient les tempêtes à traverser, leur profession est comme un navire qui prend l'eau de partout. Ainsi, au lieu de se consacrer pleinement à leurs patients, ils gaspillent une grande partie de leur énergie - dont on constatera dans les années qui viennent qu'elle n'est pas renouvelable - à de la paperasse administrative, source de beaucoup de stress.
Et en prime - qu'il s'agisse de la pénibilité, de l'âge de départ en retraite, de la revalorisation de leurs actes de soins dont les tarifs sont figés depuis 15 ans - avec une reconnaissance de la société, des institutions et de nous, les citoyens, proche de zéro.
Seule gratitude, celle émanant des malades qui profitent quotidiennement de leur dévouement et de leur abnégation sans faille.

 

Le témoignage audio
Rebecca est infirmière à Martigues depuis 25 ans dont ces 5 dernières années en tant que libérale, une durée suffisante pour constater la dégradation des conditions de travail.
À bientôt 80 ans et en dépit de problèmes de santé, Colette est une Martégale rayonnante. Depuis trois ans, elle se fait soigner par Rebecca et deux autres de ses collègues, mais en fait, elle reçoit d'elles bien plus que des soins.
Rebecca a pris le soin aujourd'hui d'interrompre durant quelques instants sa tournée, inscrite dans un planning surchargé où chaque minute consacrée à autre chose que ses soins risque de la plonger dans le retard, nous la remercions donc pour cette précieuse interview, ainsi que Colette dont le témoignage illustre parfaitement l'importance de ces héros oubliés.

NDLR
*Si les hommes y sont de plus en plus présents, la profession reste majoritairement exercée par les femmes, c'est la raison pour laquelle nous avons décidé dans le titre de l'article de faire volontairement une entorse à la règle linguistique afin que, une fois n'est pas coutume, le féminin l'emporte sur le masculin. 

Il ne s'agit évidemment pas de déprécier le travail des hommes, encore moins de remettre en cause leur investissement tant humain que professionnel, mais simplement de rendre hommage aux infirmières, d'autant qu'elles ont à subir les mêmes charges physiques lors de la manipulation des patients sans pour autant être dotées, dans la grande majorité des cas, de la même force que leurs collègues masculins, ce qui, à moyen ou long terme, n'est pas sans conséquences sur leur santé comme vous le constaterez vous-mêmes en écoutant l'interview de Rebecca

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