Istres
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Santé
Apnée du sommeil : "Un ronflement à 110 décibels, l’équivalent d’un marteau-piqueur", l’alerte de la Clinique d'Istres3min
Par Maritima 13/03/2026 à 17:30
Saviez-vous qu'un Français sur trois déclare mal dormir ? Ce vendredi, à l'occasion de la 26e Journée du Sommeil, notre reporter Laurence Durandau a poussé les portes du Centre du Sommeil de la Clinique d'Istres. Dans ce laboratoire unique sur le pourtour de l'Étang de Berre, l'association médicale AQODI traque les apnées et les insomnies pour éviter des drames de santé publique. Reportage en immersion entre électrodes, siestes contrôlées et records impressionnants.
"Peu, mais bien dormi ?" C'est par cette question que Laurence Durandau a lancé son "Fil Rouge" ce matin. Car derrière la fatigue du réveil se cache parfois un enjeu vital : 80 % des personnes souffrant d'apnée du sommeil s'ignorent et ne sont pas traitées. À Istres, le centre spécialisé chapoté par l'association AQODI tente de changer la donne.
Un laboratoire pour traquer "le fléau de santé publique"
Installé au deuxième étage de la clinique, ce centre est un véritable poste de pilotage. Kaouter Sediri, responsable opérationnelle pour le Grand Sud-Est, explique la mission d'AQODI : "Notre objectif est de développer des laboratoires de sommeil pour permettre une prise en charge plus rapide. Le trouble du sommeil est un fléau : un accident de la route sur trois est dû à une somnolence au volant."
Les risques ne s'arrêtent pas là. L'apnée du sommeil augmente drastiquement les chances de faire un infarctus, un AVC ou de développer un diabète. "C'est pour cela qu'on met l'accent sur la prévention et la coordination entre professionnels", précise-t-elle au micro de Maritima.
Électrodes et caméras infrarouges : les coulisses du monitoring
L'examen phare, c'est la polysomnographie. Laurence Durandau a pu visiter la salle de monitoring où les techniciennes Alexandra Mathieu et Océane Brizard analysent les nuits des patients sur plusieurs écrans. L'équipement est impressionnant : des électrodes sur la tête (analyse neurologique), près du cœur (cardiaque), des sangles respiratoires et même des capteurs sur les jambes pour détecter le "syndrome des jambes sans repos".
"Tous les patients sont filmés en chambre via une caméra infrarouge", détaille Alicia Delmas, infirmière formée au sommeil. "Cela permet de découvrir des pathologies comme le somnambulisme ou les paralysies du sommeil." Le centre accueille tout type de profil, des professionnels de la route aux enfants dès l'âge de 6 ans, souvent envoyés par des ORL pour des problèmes d'amygdales.
"On ne sent rien" : Le témoignage de Sylvie, patiente martégale
Dans l'un des sept lits du centre, nous avons rencontré Sylvie, venue de Martigues. Ancienne assistante maternelle aujourd'hui à la retraite, elle suit un parcours de 36 heures incluant cinq siestes et une nuit complète.
Affublée d'un filet sur la tête et de nombreux capteurs, elle se veut rassurante pour ceux qui hésiteraient à franchir le pas : "C'est totalement indolore. On peut dormir tranquille, tout est bien fixé. Le personnel est très attachant et sympathique." Pour tenir entre deux siestes, elle a son kit de survie : "Sudoku, mots croisés et roman. Le centre nous conseille même d'amener notre propre oreiller ou notre plaid pour se sentir comme à la maison."
Des records qui font froid dans le dos
Si l'ambiance est à la bienveillance, les chiffres enregistrés par les machines rappellent la sévérité de certains cas. L'équipe a partagé quelques "records" marquants relevés au centre :
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120 apnées par heure pour un seul patient.
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Une apnée record : 2 minutes et 2 secondes sans respirer.
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Un niveau sonore de ronflement atteignant 110 décibels, "soit l'équivalent d'un marteau-piqueur".
Les conseils pour une nuit réparatrice
Avant de rendre l'antenne, un rappel des règles d'or pour un meilleur sommeil s'est imposé :
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Pas de téléphone* ou d'écran au moins deux heures avant le coucher (surtout chez les enfants).
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Maintenir une température ambiante fraîche dans la chambre.
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Pratiquer la "sieste flash" : entre 5 et 10 minutes maximum. "Au-delà de 20 minutes, on rentre dans un sommeil trop profond qui perturbe la nuit suivante", prévient Kaouter Sediri.
Pratique :
Vous vous sentez fatigué au réveil ? Vous ronflez beaucoup ? Le centre du sommeil de la Clinique d'Istres accueille les patients sur rendez-vous (secteur 1, conventionné CPAM). Plus d'informations sur le site https://www.aqodi.org/istres ou via Doctolib.
* Lire aussi. Sommeil : 1 Français sur 3 ne peut pas dormir tant que son partenaire scrolle sur son téléphone
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