Martigues
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Santé
Hôpital de Martigues : « On nous a menti », la colère des soignants face à la dégradation des soins et des acquis3min
Par Cyrielle Blazikowski03/09/2026 à 16:18
Ce jeudi après-midi, une centaine de soignants et de représentants syndicaux se sont rassemblés l’hôpital des Rayettes à l'occasion de leur assemblée générale pour dénoncer une série de mesures budgétaires qui frappent de plein fouet le personnel et, par ricochet, la qualité des soins. Maritima a recueilli le témoignage poignant d’Élodie Janson, infirmière anesthésiste, qui décrit un service au bord de l'épuisement. Reportage.
L'ambiance est à l'amertume. Depuis plusieurs semaines, le malaise couve au sein de l'établissement public martégal. En cause : un plan d'économies drastique qui touche aux horaires, aux congés et aux primes de ceux qui tiennent l'hôpital à bout de bras.
Un planning bouleversé et des acquis « rabotés »
Pour les soignants, le coup de grâce est venu d'un rapport d'audit (ANAP) prônant des mesures de "sobriété" budgétaire. Élodie Janson, infirmière anesthésiste au bloc opératoire depuis trois ans et forte de 16 ans d'expérience aux Rayettes, ne décolère pas : « On nous a annoncé des mesures qui touchent complètement notre trame de planning. On modifie nos horaires, on diminue les forfaits d'astreinte pour le personnel du bloc, et on nous retire même notre pause repas du temps de travail. Résultat : une diminution directe de nos jours de repos et de nos congés annuels. »
« On nous a menti » : le sentiment de trahison
Au-delà des chiffres, c'est le manque de transparence de la direction qui passe mal. Alors que le personnel avait été rassuré sur le fait que le bloc opératoire serait épargné par ces réformes au 1er septembre, la réalité du terrain est tout autre. « On nous a menti », martèle Élodie Janson au micro de Maritima. Si le service a obtenu un sursis de la part de la direction de l'Hôpital, les choses pourraient changer en novembre. « On est très en colère par ce manque de transparence. On se bat pour garder la sécurité de notre travail et les avantages acquis dans un service spécialisé où l'activité ne cesse d'augmenter depuis des années. »
Lire aussi. « 10 jours de repos en moins et 30°C dans les chambres » : la colère gronde à l'hôpital de Martigues
Le poids de la culpabilité et des « assignations »
Le conflit met également en lumière une pratique courante dans le milieu hospitalier : l'assignation. Même grévistes, les soignants sont obligés de prendre leur poste pour assurer le service minimum, rendant la mobilisation invisible pour certains, mais physiquement épuisante pour tous.
« On nous fait culpabiliser, on nous menace parfois en disant qu’on ne s’occupe pas bien des patients quand on fait grève. C’est évidemment faux : on soigne tout le monde de la même manière, grève ou pas grève », explique l'infirmière. La pression est constante, jusque sur les jours de repos : « On doit remplacer les collègues manquants sur nos propres jours de récupération. On veut juste un rythme normal, pas une course permanente. »
Une rencontre prévue avec les élus
Le combat est loin d'être terminé. Les syndicats réclament des moyens à la hauteur des besoins de la population de l'Étang de Berre. « On veut que le service de soins reste le même, ou s'améliore, mais là, c'est de l'utopie », souffle Élodie.
Une première réponse politique pourrait intervenir rapidement. Une délégation de soignants doit être reçue demain matin par la municipalité de Martigues. Les agents espèrent que les élus locaux pèseront de tout leur poids auprès de l'Agence Régionale de Santé (ARS) pour geler ces mesures et redonner de l'air à un hôpital en apnée.
A noter qu'une grêve nationale de tous les secteurs de santé est prévue le 15 septembre et une grêve intersyndicale le 29. A Martigues, des actions coup de poing sont envisagées.
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