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Santé

Journée mondiale du cœur : l'hôpital de Martigues se délocalise à Port-de-Bouc pour des dépistages gratuits

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Par Manuel Danloy29/09/2026 à 06:59

À l'occasion de la Journée mondiale du cœur ce 29 septembre, les équipes de cardiologie et de diététique de l'hôpital de Martigues, en partenariat avec la CPTS du pays de Martigues, se délocalisent au Carrefour de Port-de-Bouc. Objectif : dépister l'hypertension, le cholestérol et le diabète directement auprès du grand public. Entretien avec le Dr Serge Yvorra, cardiologue à l'hôpital de Martigues.

Pour sensibiliser la population aux risques cardiaques, les professionnels de santé sortent de l'hôpital. Comme le rappelle le Dr Serge Yvorra, aller à la rencontre des citoyens est devenu une habitude lors des grandes journées de prévention santé :  « Comme on en a pris l'habitude depuis quelque temps maintenant, à chaque fois qu'il y a une journée nationale ou mondiale, que ce soit l'hypertension, l'insuffisance cardiaque ou l'infarctus, l'hôpital de Martigues s'est habitué, avec la CPTS du pays de Martigues, à aller au-delà de la population. Parce qu'en fait, on s'aperçoit qu'à l'hôpital il y a beaucoup de patients malades, mais ce qui nous intéresse, nous les cardiologues, c'est d'enrayer l'épidémie de maladies cardiovasculaires et d'aller au contact de la population qui se dit en bonne santé. Mais il faut savoir que les facteurs de risque cardiovasculaire, il y en a quand même un certain nombre qui sont silencieux. »

 

L'hypertension artérielle : attention à « l'effet blouse blanche »

L'hypertension ne touche pas uniquement les personnes âgées et peut survenir dès l'âge de 25 ans. Le Dr Yvorra insiste sur la difficulté d'obtenir des mesures précises en cabinet, en raison de facteurs de stress d'origine consciente ou inconsciente :  « Très facilement, quand on va se faire prendre la tension chez le médecin, chez le cardiologue ou chez l'anesthésiste, la tension artérielle est automatiquement un petit peu plus élevée, et surtout le praticien doit s'affranchir de ce qu'on appelle l'effet blouse blanche. L'effet blouse blanche, ce sont des patients qui sont complètement normotendus à domicile ou à leur travail, et dès lors qu'ils voient le médecin traitant, la tension monte. On a le chiffre : c'est du 20 %, ce qui est beaucoup. »

Pour contourner ce biais et éviter les erreurs de traitement, la prévention passe par un équipement adapté à la maison : « Pour s'affranchir d'erreurs diagnostiques et d'erreurs de traitement, il faut sensibiliser — et ça va être notre but demain — à l'acquisition d'un appareil d'automesure tensionnelle. »

 

Dépistage sur place : cholestérol, glycémie et gestes de survie

Lors de ce rendez-vous de prévention à Port-de-Bouc, plusieurs bilans rapides seront proposés gratuitement aux visiteurs :  « Il y aura la prise de la tension artérielle bien évidemment, une mesure du cholestérol par un test au doigt, et aussi un test glycémique pour les patients qui ne sont pas diabétiques... Il y aura également un stand de gestes de survie avec le massage cardiaque, un stand de la CPTS de sophrologie, et un autre sur l'observance thérapeutique. »

 

Alimentation : le sel, un « ennemi » masqué au quotidien

Parmi les facteurs modifiables, l'alimentation joue un rôle déterminant dans la santé artérielle. Le cardiologue met particulièrement en garde contre le sel consommé à notre insu dans les aliments préparés :  « Il faut faire attention au sel, c'est notre ennemi, puisque ça rigidifie les artères et c'est le lit de l'hypertension artérielle. Il y a des sels de partout : vous prenez deux tranches de saucisson, vous avez déjà un gramme. Le taux qu'il faudrait avoir, c'est 6 grammes par jour. »

Pour évaluer précisément ses apports, le Dr Serge Yvorra recommande un examen simple :  « Il y a un test tout simple à faire, ce sont les urines de 24 heures : on regarde le sel qu'on élimine et on a une conversion pour savoir quel est le taux de sel alimentaire pris par le patient. On s'aperçoit que ça monte très, très vite. J'ai des patients qui disent qu'ils ne mangent pas de sel, et leur consommation est en réalité de 8 à 9 grammes. »

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