Martigues
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Santé
« On vient piocher directement dans nos porte-monnaie » : grève au bloc opératoire de l’hôpital de Martigues ce vendredi3min
Par Cassandre Amouroux16/10/2026 à 06:20
Le bloc opératoire de l’hôpital de Martigues tourne au ralenti ce vendredi. En conflit ouvert avec la direction depuis l'été au sujet de nouvelles mesures impactant leurs rémunérations, leurs astreintes et leurs RTT, les professionnels du bloc ont déposé un préavis de grève. Invitée sur Maritima Radio, Manon Breteau, infirmière de bloc et adhérente du collectif Interbloc, explique les raisons de cette mobilisation et prévient : sans avancée, le mouvement sera reconduit vendredi prochain.
Une dégradation continue : intérim quotidien et nuits imposées
Si la grève éclate au grand jour ce vendredi, la fronde couvait depuis plusieurs mois dans les couloirs du centre hospitalier de Martigues : « Nous avons initié un mouvement de grève qui ne date pas d'aujourd'hui, puisqu'on avait déjà commencé cet été suite à des mesures que la direction a pondues pendant les vacances, des mesures qui viennent dégrader nos droits et nos conditions de travail », rappelle d'emblée Manon Breteau.
Au quotidien, la pénurie chronique de personnels pèse déjà lourdement sur la charge de travail des équipes titulaires : « En termes de personnel, nous sommes en manque d'effectifs. On se retrouve aujourd'hui avec des intérimaires tous les jours. Intérim veut dire qu'on doit former ces personnes-là, on ne peut pas les laisser seules en salle. Et nous avons un personnel en moins la nuit. Du coup, en plus de notre travail de jour, on doit venir compléter l'équipe de nuit et faire des nuits en plus sur notre planning. »
« On vient piocher dans notre porte-monnaie » : quatre mesures dans le viseur
Selon le collectif Interbloc, quatre décisions prises par la direction générale cristallisent particulièrement les tensions :
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La fin des heures supplémentaires pour les temps partiels :
« Lorsque je suis déplacée en tant qu'IBODE la nuit, les dimanches et les jours fériés, je suis payée en heures supplémentaires, donc c'est majoré. Là, avec la suppression de ces astreintes en heures sup pour les temps partiels, je vais être payée en heures complémentaires et je perds toutes mes majorations. Il y a une grosse perte de salaire sur les astreintes. » -
La fin de la double rémunération sans compensation financière :
« On nous supprime la double rémunération, ce qui est légal, mais nous demandons une compensation financière car aujourd'hui, on recule sur les acquis que nous avions. » -
La suppression de la garde de 24 heures pour les IADE (anesthésistes) :
Une mesure qui bouleverse l'organisation des plannings et rogne là encore sur les revenus. -
La suppression de 20 minutes de pause méridienne par jour :
« 20 minutes supprimées par jour, sur un temps plein, cela correspond d'après nos syndicats à 9 jours de RTT en moins sur l'année. Pour les ASH (agents des services hospitaliers) qui s'occupent du bionettoyage des salles entre chaque intervention, ce temps leur sera supprimé. C'est l'ensemble des maillons de la chaîne du bloc qui est attaqué. »
Pour Manon Breteau, le coup est d'autant plus rude qu'il frappe en premier lieu des soignants aux situations familiales délicates : « Les temps partiels, ce sont les mamans avec de jeunes enfants, ou par exemple une collègue dont la fille est handicapée. On vient directement s'attaquer aux personnes qui ont le plus de difficultés dans l'équipe. »
De l'enthousiasme du robot chirurgical au sentiment de trahison
Ce tour de vis managérial passe d'autant plus mal que les soignants s'étaient investis sans compter ces derniers mois pour développer l'activité de l'établissement, notamment avec l'arrivée d'équipements de pointe : « On a le sentiment d'être des pions. Au quotidien, on se débrouille, on bricole avec ce qu'on a pour que le programme avance et que les gens soient opérés dans des conditions optimales. En janvier, nous avons eu le robot chirurgical : tout le monde s'est formé, tout le monde était enthousiaste. En termes de chiffres, l'activité est devenue exponentielle. Notre bloc fonctionne très bien. Et en contrepartie, on vient nous enlever des acquis, on vient piocher directement dans nos salaires. C'est un véritable retour de bâton. »
Urgences maintenues et menace de reconduction dès vendredi prochain
Contrairement aux mobilisations précédentes où la direction recourait massivement aux assignations, le droit de grève a cette fois pu s'exercer : « Pour une fois, le droit de grève a été respecté, et cela uniquement grâce au collectif Interbloc et à son cabinet d'avocats qui a mis la pression sur la direction. D'habitude, nous sommes toutes assignées et aucune intervention n'est reportée. Là, la direction a cédé face à la réglementation. »
Conséquence directe pour ce vendredi : seules les urgences vitales et les opérations non reportables sont assurées au sein de l'hôpital de Martigues, avec un fonctionnement réduit au strict minimum.
Le bras de fer pourrait d'ailleurs rapidement se durcir : « Si nous n'obtenons pas de réponses satisfaisantes de la part de la direction, nous avons d'ores et déjà décidé de reconduire le mouvement de grève vendredi prochain », prévient la représentante des soignants.
En résumé
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Qui ? Les infirmiers de bloc (IBODE), anesthésistes (IADE) et agents de service (ASH) de l’hôpital de Martigues, soutenus par le collectif Interbloc.
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Pourquoi ? Pertes de salaire sur les astreintes, remise en cause des 24h, suppression de pauses équivalant à 9 RTT/an et dégradation des conditions de travail.
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Impact ce vendredi : seules les urgences et interventions indispensables sont maintenues ; les opérations programmées non urgentes sont reportées.
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Et après ? Nouveau préavis d'ores et déjà envisagé pour le vendredi suivant en l'absence de concessions de la direction.
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