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Mois Sans Tabac : « Il ne faut pas se décourager en cas d'échec », insiste le Dr Claude Simonian

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Par Didier Gesualdi30/10/2026 à 06:20

À l'approche du « Mois Sans Tabac » en novembre, la lutte contre l'addiction à la cigarette reste une priorité de santé publique majeure dans les Bouches-du-Rhône. Invité de Maritima, le Dr Claude Simonian, pneumologue à l'hôpital Rayettes de Martigues, fait le point sur les trois formes de dépendance au tabac, les méthodes de sevrage validées et la place de la cigarette électronique pour réussir à décrocher.

 

Un enjeu majeur de santé publique et des pathologies graves

En tant que pneumologue au centre hospitalier de Martigues, le Dr Claude Simonian constate au quotidien les ravages du tabagisme sur la santé des patients : « Les problèmes sont d'ordre respiratoire avec évidemment l’insuffisance respiratoire, la bronchite chronique, l’emphysème et malheureusement le cancer du poumon... Il y a les affections cardiovasculaires et également des pathologies urogénitales, donc ça pose quand même des problèmes de santé publique majeurs. »

 

Les 3 mécanismes de dépendance qui rendent le sevrage difficile

Pourquoi est-il si complexe d'arrêter de fumer ? Le spécialiste martégal détaille les trois leviers d'addiction qui piègent les fumeurs :  « Il y a trois types de dépendance : la dépendance liée à la nicotine... la dépendance comportementale, c'est le geste, le réflexe pavlovien de prendre une cigarette dans une situation donnée, et la troisième dépendance, c'est la dépendance psychologique, on prend une cigarette quand on est énervé, quand on a des soucis ou au contraire en terme de récompense. C'est ces trois types de dépendances qui rendent complexe le sevrage tabagique. »

 

Substituts, TCC et accompagnement : Les méthodes validées par la médecine

Pour surmonter ces obstacles, le Dr Simonian rappelle que les professionnels de santé (tabacologues, médecins généralistes, psychologues) proposent un panel d'outils éprouvés :  « On propose des méthodes validées en tant que médecin. C'est les traitements de substituts nicotiniques qui répondent à la dépendance pharmacologique... On apporte la nicotine par des patchs, ce qui donne un peu moins d'envie de fumer. La deuxième méthode validée, c'est les thérapies cognitivo-comportementales, c'est les entretiens qu'on a aux patients, l'aide à l'arrêt... Et la troisième possibilité, c'est les médicaments qu'on utilise uniquement en cas d'échec des thérapeutiques de substitution. »

Concernant les approches complémentaires (acupuncture, hypnose, homéopathie), le médecin précise qu'elles « peuvent marcher chez certains patients » même si elles entrent dans la catégorie des méthodes non validées scientifiquement.

L'essentiel pour le pneumologue est de ne jamais se décourager en cas de rechute : « Ce qu'on souhaite également, c'est de dire aux patients : les échecs ne sont pas des situations irréversibles et il faut persévérer pour arriver au but, c'est-à-dire le sevrage définitif. »

 

Cigarette électronique : Un outil utile contre la dépendance comportementale

Interrogé sur la baisse de la consommation globale de tabac (passée de 25 % à environ 20 % de la population) et l'essor de la vape, le médecin nuance les inquiétudes concernant la cigarette électronique : « Dans la fumée de tabac, il y a 4 000 substances nocives dont 70 potentiellement cancérigènes. Dans la cigarette électronique, dans la vapeur, il y a 4 produits... Les vapeurs de glycérine végétale et de propylène glycol sont connues de la pharmacopée depuis de longues dates. »

Même si un doute persiste sur les effets à long terme des arômes chauffés, le Dr Simonian ne déconseille pas la vapoteuse si elle aide à sortir du tabac traditionnel : « Les sociétés savantes de pneumologie ou de cardiologie ne ne recommandent pas... n'interdisent pas l'utilisation de la cigarette électronique. Elle peut avoir un intérêt dans la dépendance comportementale. Le seul petit bémol, c'est d'avoir une cigarette électronique de bonne qualité avec une norme européenne... Si ça peut aider les patients, il n'y a pas de contre-indication d'ordre médical. »

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