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Santé
Sida en Paca : les contaminations hétérosexuelles deviennent majoritaires, une première4min
Par Maritima 29/11/2025 à 12:23
Avant la Journée mondiale de lutte contre le sida le 1er décembre, l'ARS Paca dévoile des chiffres encourageants : le dépistage explose et les nouveaux cas se stabilisent. Mais la vigilance reste de mise face à la flambée des autres IST (chlamydia, gonocoque).
C'est un bilan en demi-teinte, porteur d'espoir mais appelant à la vigilance, que dressent l'Agence Régionale de Santé (ARS) Paca et Santé Publique France. À l'approche du 1er décembre, Journée mondiale de lutte contre le sida, les autorités sanitaires notent une stabilisation des nouvelles infections dans la région. Cependant, le profil des transmissions évolue et les autres infections sexuellement transmissibles (IST) continuent de grimper.
Les rapports hétérosexuels désormais première cause de transmission
C'est une bascule historique dans la région. Si le nombre de nouvelles découvertes de séropositivité reste stable (333 cas en 2024 contre 353 en 2023), la dynamique de l'épidémie change. Les autorités notent que les contaminations lors de rapports hétérosexuels deviennent désormais majoritaires en Provence-Alpes-Côte d'Azur, passant devant les transmissions lors de rapports sexuels entre hommes, qui étaient historiquement prépondérantes.
Une bonne nouvelle tout de même : le nombre de personnes vivant avec le VIH sans le savoir diminue (619 en 2024 contre 663 l'année précédente), preuve que le dépistage progresse.
Le dépistage sans ordonnance cartonne
La région PACA fait figure de bon élève sur le suivi. Les objectifs mondiaux de l'ONUSIDA sont atteints et même dépassés chez nous :
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96 % des personnes séropositives connaissent leur statut.
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97 % sont sous traitement.
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97 % ont une charge virale indétectable (elles ne transmettent plus le virus).
Ce succès est porté par une explosion du dépistage. En 2024, 788 000 analyses VIH ont été réalisées dans la région. Le dispositif de dépistage sans ordonnance dans les laboratoires connaît un succès fulgurant : 140 700 tests réalisés cette année, contre seulement 65 800 en 2023. Pour les moins de 26 ans, le nouveau dispositif "Mon Test IST" (depuis septembre 2024) permet désormais de tester gratuitement, en plus du VIH, la gonorrhée, la chlamydiose, la syphilis et l'hépatite B.
Alerte sur les autres IST et baisse du préservatif
Si le VIH est contenu, les autres voyants sont au rouge. Les diagnostics de chlamydia, gonocoque et syphilis sont en hausse continue depuis 2018. L'ARS s'inquiète particulièrement de la progression des infections à gonocoque chez les hommes de 15-49 ans et les femmes de 15-25 ans.
Cette recrudescence s'explique en partie par un relâchement de la prévention : l’utilisation du préservatif lors du premier rapport sexuel est en baisse, surtout chez les plus jeunes. L'Agence rappelle une mesure clé pour inverser la tendance : depuis le 1er janvier 2023, les préservatifs sont gratuits en pharmacie pour les moins de 26 ans.
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