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Des héros à quatre pattes en devenir : au cœur de la formation Handi'Chiens à Salon-de-Provence

5min

Par Maritima 18/03/2026 à 17:40

À Salon-de-Provence, chaque semaine, des duos pas comme les autres se retrouvent pour une séance d’éducation un peu particulière. Entre caresses, concentration et exercices de précision, les futurs chiens d’assistance de l’association Handi’Chiens peaufinent leur apprentissage auprès de leurs familles d’accueil. Reportage lors d'un cours où se dessine l'avenir de personnes en situation de handicap.

Le soleil de Provence brille sur le terrain d'entraînement, mais l'atmosphère est au travail. Vulcain, Vinci et Vénus, de jeunes Golden Retrievers et Labradors ne sont pas là pour une simple promenade. Sous leur gilet bleu, ils apprennent leur futur métier : devenir les yeux, les bras ou les protecteurs de personnes vulnérables. Ces "élèves" canins sont encadrés par des familles d'accueil bénévoles, maillons indispensables d'une chaîne de solidarité qui commence dès leur plus jeune âge.

 

L'école de la vie et du service : un apprentissage de haute précision

Nathalie Prévot, déléguée pour Handi'Chiens à Salon-de-Provence et pour les Bouches-du-Rhône, supervise la séance avec un regard expert. Le parcours d'un chien d'assistance est une course de fond qui dure deux ans. « À deux mois, ils arrivent en famille d'accueil jusqu'à leurs 18 mois. Et de 18 à 24 mois ils seront au centre, et ils seront remis à des bénéficiaires à leurs deux ans », explique-t-elle.

Pendant ces seize mois en famille, le chien doit intégrer une trentaine de commandes fondamentales. Mais au-delà de l'obéissance, c'est une véritable sociabilisation "tout terrain" qui est recherchée. Nathalie précise : « On les emmène au cinéma, on les emmène dans des restaurants, dans des lieux publics... On les emmène partout là où on vit, au travail... » L'objectif ? Que le chien soit parfaitement serein et opérationnel, quelle que soit la situation future de son bénéficiaire.

Ces animaux ne se contentent pas de marcher au pied ; ils deviennent de véritables assistants techniques. « C'est des chiens qui peuvent retirer par exemple les vêtements, rapporter les objets, ouvrir les portes, allumer les lumières, appeler l'ascenseur », énumère la déléguée. Certains sont même formés pour détecter des crises d'épilepsie ou intervenir auprès d'enfants autistes comme "chiens d'éveil".

 

Paroles de familles : L'engagement du cœur

Au bout de la laisse de Vinci, un Golden de 17 mois, se trouve Géraldine. Pour elle, c'est déjà sa troisième expérience de famille d'accueil. Elle connaît l'importance cruciale de cette phase. « Il pourrait être chien d'assistance PMR pour des personnes en fauteuil. Alors à ce moment-là, il va ramasser des objets au sol, il va allumer des lumières, il va ouvrir des portes », détaille-t-elle avec fierté.

 

Reportage Cassandre Amouroux 

 

Géraldine explique également le rôle "d'alerte" que certains chiens peuvent assurer pour les personnes épileptiques : « C’est des chiens qui viennent ce qu'on appelle "poker" sur la cuisse, en fait ils donnent des coups de museau sur la cuisse pour alerter quand il y a une crise qui se présente. Ils sont en mesure de sentir la crise à l'avance et ils permettent aux personnes épileptiques de se mettre en sécurité. »

Pour d'autres, comme Hélène Calvé, mandataire judiciaire dans le civil, ce bénévolat est un prolongement naturel de sa vie professionnelle dédiée au handicap. « Ce qui m'a motivée, c'était de pouvoir élever un chien (...) pour pouvoir ensuite le confier à une personne en situation de handicap. C'est d'allier l'amour des animaux et le lien avec les personnes handicapées », confie-t-elle.

 

La séparation, un moment d’émotions et de fierté

La question qui brûle les lèvres de tous les observateurs est inévitable : comment se résoudre à laisser partir un animal que l'on a élevé et aimé pendant plus d'un an ? Pour les familles d'accueil, la réponse se trouve dans le sens profond de leur mission.

« On le sait dès le départ », confesse Hélène qui se prépare à ce moment. « Tous les gens m'ont dit : "On pleure, on pleure, on pleure quand on revient dans la voiture". Mais on connaît la cause. » C'est cette "cause" qui transforme la tristesse en accomplissement. Géraldine compare cela au rôle de parent : « C'est un peu le même projet avec le chien en fait, il a ses propres projets à lui. Donc nous on est là pour accompagner. »

La récompense ultime arrive lors de la remise officielle du chien au bénéficiaire. Un moment chargé d'émotion que Géraldine décrit avec des étoiles dans les yeux : « Au moment de la remise c'est énorme, c'est incroyable. C'est une séparation, mais pour quelque chose de très, très chouette. On reçoit une fierté incroyable, on fait des rencontres... Il y a des aidants qui sont soulagés grâce au chien. C’est très riche et vraiment ça fait oublier le fait que le chien parte. »

 

Famille d’accueil, un engagement qui demande du temps

Pour continuer à offrir ces "clés d'autonomie" aux personnes handicapées, l'association a  besoin de ces bénévoles. Mais attention, être famille d'accueil est un engagement de chaque instant. Nathalie Prévot insiste sur les qualités requises : « On cherche des familles qui sont quand même assez disponibles parce que c'est une grosse charge au quotidien. On ne peut pas les laisser huit heures dans la journée. »

Le chien doit être intégré à la vie sociale, mais il doit aussi garder sa nature d'animal : « Ils ont besoin d'avoir une vie de chiot, donc de sortir, de rencontrer des congénères... Ce sont des chiens qui ont besoin de faire aussi des grandes balades en libre, parce que c'est leur vie de chien et leur épanouissement qui en dépendent. »

À la fin de la séance, Vulcain, Vinci et Vénus repartent avec leurs familles respectives. Dans peu de temps, ils rejoindront le centre de formation professionnelle pour la dernière étape de leur cursus. Ils quitteront alors définitivement leur vie d’élèves pour endosser leur rôle de héros du quotidien, transformant à jamais la vie de ceux qui les attendent.

 

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