Salon-de-Provence
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Santé
Hantavirus : "Nous sommes très loin de la situation du Covid", rassure le Dr Ali Mofredj sur Maritima3min
Par Maritima 13/05/2026 à 10:00
Alors que 22 cas contacts sont actuellement hospitalisés en France, dont un à Marseille, l’inquiétude grandit autour de l’hantavirus. Invité au micro de Maritima, le Docteur Ali Mofredj, médecin réanimateur à l’hôpital de Salon-de-Provence, décrypte les risques de ce virus et appelle au calme : "La situation est maîtrisée".
Le ministère de la Santé a confirmé ce mercredi matin l'hospitalisation préventive de 22 personnes identifiées comme cas contacts d’une passagère néerlandaise, décédée de l'hantavirus après une croisière sur le MV Hondius*. Si l'un de ces patients est pris en charge à l'IHU Méditerranée Infection de Marseille, le Docteur Ali Mofredj se veut résolument rassurant pour les habitants de la région.
Un virus connu depuis 40 ans : « Rien à voir avec l’émergence du Covid »
Pour le réanimateur salonais, la première raison de ne pas céder à la panique est la connaissance scientifique du virus. Contrairement au coronavirus en 2020, l'hantavirus n'est pas un inconnu pour les services hospitaliers. « Il faut rassurer nos concitoyens : contrairement à l’épidémie de Covid, l’hantavirus est un virus qui est connu depuis de nombreuses années, plus d’une quarantaine d’années. Il existe des formes connues en Europe, en Asie et en Amérique Latine », explique le Dr Ali Mofredj.
Symptômes et gravité : une vigilance respiratoire
Si le virus est sous surveillance, c'est en raison de sa dangerosité potentielle sur le système respiratoire. Les symptômes initiaux peuvent ressembler à une grippe classique, mais nécessitent une prise en charge rapide en cas de complication. « La gravité de cette souche d'hantavirus tient dans sa forme respiratoire, c’est-à-dire l’insuffisance respiratoire et la pneumonie. Les premiers symptômes sont la fièvre, les maux de tête et la toux. »
Une contagiosité « extrêmement basse »
L’autre point majeur souligné par le médecin de l’hôpital de Salon concerne la propagation du virus. Contrairement aux variants du Covid, l'hantavirus est beaucoup moins volatil. « Nous sommes dans une contagiosité extrêmement basse comparativement au Covid. De plus, la situation est aujourd'hui maîtrisée : le foyer était sur un bateau de croisière, les cas contacts ont été repérés et les personnes sont isolées. »
Les hôpitaux provençaux sont prêts
Le Dr Mofredj rappelle que le système de santé français a tiré les leçons des crises passées. Aujourd'hui, que ce soit à Salon ou à Marseille, les protocoles sont en place.
« Nous ne sommes pas du tout dans les mêmes conditions qu’à l’époque. Le pays est prêt : nous avons les masques**, les outils de protection, et les services de réanimation sont en alerte. Nous avons l’expérience de ces épidémies et nous avons les moyens de nous en préserver », conclut-il au micro de Manuel Danloy.
* L'ensemble des 22 personnes identifiées en France comme cas contacts de la passagère néerlandaise du navire de croisière MV Hondius décédée de l'hantavirus, sont "actuellement hospitalisées", a annoncé mercredi le ministère de la Santé. Les huit Français qui ont pris un premier avion le 25 avril au départ de Sainte-Hélène vers Johannesbourg avec la passagère malade sont "tous hospitalisés dans des hôpitaux parisiens", tandis que les 14 autres cas contacts, du vol Johannesbourg-Amsterdam, le sont "dans différentes villes de France", a détaillé le ministère.
** en cas d'épidémie, ce qui n'est pas le cas avec l'hantavirus à ce stade, le stock de masques en France est suffisant pendant "minimum trois mois", a indiqué ce matin Matignon.
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