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Agriculture et Mercosur : "On ne veut plus de cette Europe", le cri du cœur d'un éleveur arlésien sur Maritima3min
Par Maritima 13/01/2026 à 17:02
Alors que la mobilisation contre le traité de libre-échange avec le Mercosur s'intensifie partout en France, les agriculteurs des Bouches-du-Rhône sont également en ordre de bataille. Clément Lajoux, représentant des Jeunes Agriculteurs (JA 13), producteur de foin et éleveur à Arles, était l'invité ce midi de Maritima radio pour expliquer les raisons de ce ras-le-bol.
Pour les agriculteurs provençaux, l'accord avec les pays d'Amérique du Sud (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay) est la goutte d'eau qui fait déborder le vase. « Ce sont des accords qui vont entraver la productivité française et faire entrer des produits qui n'ont pas les mêmes normes que les nôtres », dénonce Clément Lajoux au micro de Manuel Danloy.
Le constat est amer : alors que les éleveurs français sont soumis à des règles sanitaires drastiques, ils vont devoir affronter la concurrence d'une viande importée « de moins bonne qualité » et à des prix cassés. Une aberration écologique et économique pour la profession.
"Le nerf de la guerre, c'est de tout bloquer"
Si le dialogue avec le nouveau préfet est maintenu (une mobilisation est prévue le 16 janvier à Aix-en-Provence pour le rencontrer), les agriculteurs préviennent : ils sont prêts à durcir le ton.
Clément Lajoux n'y va pas par quatre chemins : « Le vrai nerf de la guerre dans l'avenir proche, c'est de bloquer tous les intrants. De bloquer les deux ports principaux de France et d'aller bloquer les frontières ».
L'objectif est clair : faire comprendre à Bruxelles et à Paris que le modèle actuel ne passe plus. « On ne veut plus de cette mondialisation, on sait produire sainement en France », martèle l'éleveur arlésien.
Un appel au "patriotisme alimentaire"
Au-delà des blocages, les Jeunes Agriculteurs en appellent à la responsabilité des consommateurs et de la grande distribution.
« Si les gens consomment mieux, ils tombent moins malades et au final on se retrouvera aussi dans nos caisses au niveau social », argumente Clément Lajoux.
Il plaide pour une rééducation du consommateur : acheter français, c'est peut-être parfois un peu plus cher, mais c'est un investissement pour la santé et pour la souveraineté alimentaire du pays. « On serait autonomes si on consommait d'une manière plus logique », conclut-il.
Lecornu promet un projet de "loi d'urgence"
Sébastien Lecornu a promis cet après-midi aux agriculteurs qu'il présenterait en mars un projet de "loi d'urgence" sur la politique de l'eau, la "prédation" du loup et les "moyens de production", qui sera examiné par le Parlement "avant l'été".
En attendant le texte de loi qui sera présenté "en mars" en Conseil de ministres et dont le "cap" sur l'eau sera "fixé d'ici le Salon de l'agriculture", le Premier ministre a demandé un "moratoire" sur toutes les décisions relatives à la politique de l'eau. Il se dit aussi "prêt à demander à la Commission européenne de faire évoluer le cadre existant" pour l'utilisation des nitrates.
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