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Acier bas carbone : Marceglaglia investit mais la CGT reste vigilante3min
Par Manuel Danloy23/10/2026 à 07:17
Invités sur Maritima, François Barges et Johanna Chabert-Bataille (CGT) sont revenus sur le projet Mistral de Marceglaglia à Fos-sur-Mer. Si l'investissement dans l'acier bas carbone s'annonce colossal, le syndicat appelle à la prudence quant au climat social et à la pérennisation des emplois
Un investissement d'envergure pour le site de Fos-sur-Mer
Repris il y a deux ans par le groupe italien Marceglaglia, l'ancien site d'Ascometal à Fos-sur-Mer s'apprête à passer un cap majeur avec le projet Mistral. Cet investissement a pour objectif d'alimenter directement les usines du groupe au nord de l'Italie. « On entend 1,2 milliard, c'est ce qui a été annoncé dans les journaux. En fait aujourd'hui, le but de tout ça, c'est d'alimenter les usines d'Italie », explique François Barges.
Une enquête publique est d'ailleurs en cours autour de ce déploiement. Elle s'achèvera très prochainement à Fos-sur-Mer, le jeudi 12 novembre à la Maison de la Mer.
Acier bas carbone : « Ça fait 50 ans qu'on fait de la décarbonation »
Alors que la décarbonation industrielle est sur toutes les lèvres, les représentants de la CGT rappellent que le site fosseen n'a pas attendu les récents discours pour adopter ces procédés. « Ça nous fait un peu rire parce que ça fait 50 ans qu'on fait de la décarbonation. Historiquement, depuis 1973, on a une aciérie avec un four électrique. La décarbonation c'est à la limite un non-sujet pour nous parce qu'on est déjà décarbonés », précise François Barges.
Le site valorise déjà ce savoir-faire en recyclant une part importante de ferraille, un enjeu clé pour le bassin industriel local.
Entre opportunités d'emploi et climat social sous tension
Aujourd'hui, l'entreprise compte environ 330 salariés organiques et atteint près de 500 personnes sur site avec la sous-traitance, représentant près d'un millier d'emplois directs et indirects. La sauvegarde de ces postes a été le fruit d'un long combat syndical. « La pérennisation du site historique, on s'est battus justement pour ça et la sauvegarde de nos emplois pendant le redressement judiciaire où on a réussi à garder l'entièreté des emplois », rappelle François Barges.
Malgré ces perspectives d'investissement, le syndicat tient à temporiser l'enthousiasme général. « On reste prudents parce qu'on a connu plusieurs projets qui ont malheureusement toujours échoué. Marceglaglia aujourd'hui a une image à l'extérieur qui est assez belle, mais il faut quand même comprendre qu'aujourd'hui, à l'intérieur du site, c'est assez compliqué en termes de climat social », nuance le délégué CGT.
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