LogoMaritima

°C

Marseille

-

Emploi,

Santé,

Social,

Transport,

Société

Mobilisation des ambulanciers à Marseille : « C'est insultant », Johan Cabrita dénonce le mépris du gouvernement

4min

image

Par Sarah LeGuen09/07/2026 à 18:38

La crise du transport sanitaire privé continue en France. Ce jeudi, à l'appel de quatre fédérations, les ambulanciers ont mené une démonstration de force, notamment à Marseille. Bloqués par des tarifs inchangés depuis 2018 et asphyxiés financièrement, les professionnels crient leur colère. Johan Cabrita, secrétaire national adjoint de la CNSA et représentant du Var, dénonce un dialogue de sourds avec l'État.

La tension est montée d'un cran chez les professionnels du transport sanitaire. Après deux semaines d'un conflit social latent, les ambulanciers ont décidé d'occuper le terrain. À Marseille, après le blocage d'environ 200 ambulances dans les rues, une délégation a été reçue par l'Agence Régionale de Santé (ARS), le cabinet du préfet de région et un représentant de la CPAM des Bouches-du-Rhône. Une rencontre qui, selon les syndicats, n'a accouché que de promesses de transmission de dossier, laissant le secteur face à ses urgences financières.

 

« 15 jours de grève et aucun communiqué »

Pour Johan Cabrita, la coupe est pleine. Le représentant du Var et secrétaire national adjoint de la Chambre Nationale des Services d'Ambulances (CNSA) ne mâche pas ses mots face à l'attitude des pouvoirs publics, et plus particulièrement du ministre : « On est dans un état d'esprit où on a l'impression d'être bafoués, et limite insultés (...). Ça fait 15 jours qu'on est en grève. 15 jours qu'on crie qu'on n'en peut plus, et lui ne nous entend pas, ne nous répond même pas. Nous n'avons aucun communiqué de sa part. » Pour illustrer ce mépris ressenti, le leader syndical fait une comparaison managériale : « C'est comme si vous aviez une entreprise où les salariés sont en grève depuis 15 jours, et que le patron, lui, ne vient même pas les voir. Vous imaginez bien que c'est insultant ».

 

Des tarifs bloqués depuis 2018 

La réalité économique du secteur est alarmante. Les ambulanciers alertent depuis six mois sur leurs difficultés financières et multiplient les rendez-vous infructueux avec la Cnam et le ministère de la Santé. La racine du problème ? Le gel des grilles tarifaires de la Sécurité sociale. « Nos tarifs ne bougent pas au niveau de la Sécurité sociale, ils sont fixés. Sur l'urgence pré-hospitalière, ils sont bloqués depuis 2018 », rappelle Johan Cabrita. Alors que le prix des véhicules, du carburant et des charges courantes explose, les revenus des entreprises stagnent. Conséquence directe de cette asphyxie, les gérants peinent à financer leurs flottes et à rémunérer convenablement leurs collaborateurs. « Aujourd'hui, on est dans une situation économique qui est catastrophique. On n'arrive plus à payer nos salariés, on n'arrive plus à financer nos véhicules. Aujourd'hui, on demande de l'aide. »

 

Après Lyon, le spectre d'une manifestation à Paris ?

Si les instances locales (ARS, Préfecture) ont compris la détresse du secteur, elles se déclarent incompétentes pour arbitrer un dossier purement national. « Ils ont compris nos problématiques, ils sont conscients que ça ne peut pas durer comme ça longtemps, mais ce n'est pas entre leurs mains. Ils font remonter au gouvernement », tempère le secrétaire national adjoint.

Mais les ambulanciers n'attendront pas indéfiniment. Ce vendredi, la mobilisation se déplace à Lyon, où une nouvelle région va entrer dans la danse. Une stratégie de roulement régional initiée depuis le début de la semaine.

Participer à ces blocages a pourtant un coût pour des entreprises déjà exsangues : « À chaque fois qu'on manifeste, on perd de l'argent. C'est compliqué pour nous sachant qu'on est déjà dans des difficultés financières assez conséquentes », avoue le représentant du Var. Pour autant, la détermination reste intacte. Faute de réponse rapide de l'exécutif, le conflit pourrait s'inviter directement sous les fenêtres des ministères : « Le ministre ne nous entend pas. On crie, on va peut-être crier plus fort, et on va peut-être crier plus près... Donc, peut-être monter sur la capitale. »

Le gouvernement est prévenu : sans ouverture immédiate de négociations tarifaires, les sirènes des ambulances de France pourraient bientôt résonner dans les rues de Paris.

A lire aussi


Marseille en Grand : 1 000 nouveaux contrats aidés pour doper l'emploi dans les quartiers

Marseille

-

Emploi

Marseille en Grand : 1 000 nouveaux contrats aidés pour doper l'emploi dans les quartiers

"Après les JO, le Tour de France" : le job d'été de rêve de Justine, jeune Coudoucenne, dans la caravane

Coudoux

-

Emploi

"Après les JO, le Tour de France" : le job d'été de rêve de Justine, jeune Coudoucenne, dans la caravane

Emploi à Aix-en-Provence : 200 postes à saisir ce mercredi à La Pioline, venez avec votre CV !

Aix-en-Provence

-

Emploi

Emploi à Aix-en-Provence : 200 postes à saisir ce mercredi à La Pioline, venez avec votre CV !

De gendarme à cascadeuse professionnelle : Alexandra raconte son incroyable reconversion !

Martigues

-

Emploi

De gendarme à cascadeuse professionnelle : Alexandra raconte son incroyable reconversion !

93.6 & 87.9 FM

Abonnez-vous à la newsletter
pour suivre notre activité et obtenir des offres