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Marseille : « C'est pire qu'avant, le peuple ne s’en sort plus », le retour des Gilets Jaunes à l’Estaque avant la mobilisation d’octobre

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Par Didier Gesualdi16/09/2026 à 12:12

Un vent de contestation a de nouveau soufflé sur le nord de Marseille ce matin. À l’appel d’un retour national, quelques manifestants se sont rassemblés sur le rond-point de l’Estaque pour dénoncer la chute du pouvoir d’achat. Si la mobilisation est restée très modeste, les participants y voient une « répétition générale » avant le 17 octobre. Rencontre avec l’un d’entre eux, mobilisé depuis les premières heures de 2018.

Le rendez-vous était fixé à 11h, au niveau de la caserne des marins-pompiers. Sur ce rond-point stratégique de l'Estaque, les gilets fluorescents ont refait leur apparition. Pour cet anonyme qui a accepté de répondre sur Maritima, ce retour est une nécessité vitale : « On s’est aperçus au fil du temps que c’est pire qu’avant. Le peuple, vraiment, ne s’en sort plus. »

 

« Réunir toutes les classes sociales »

Contrairement aux premières vagues du mouvement, les quelques manifestants présents ce matin souhaitent élargir leurs rangs. L'objectif est clair : briser les barrières entre les citoyens face à l'inflation.

« On voudrait réunir toutes les classes sociales. Que ce soit la classe moyenne, la banlieue, les artisans... pour dire qu'il y a vraiment un ras-le-bol », explique le manifestant. Il insiste sur le caractère « apolitique » et « sans aucune violence » de cette nouvelle impulsion. Pour lui, le combat est universel : « On a des problèmes d’essence, de loyer, de nourriture, d’assurances... On a tous pratiquement les mêmes problèmes. Même les classes moyennes sont perturbées là, il y a quelque chose qui ne va pas. »

 

La stratégie du rond-point : « Faire peur à l’État »

Si le groupe était peu nombreux ce matin, le moral reste intact. Le souvenir de 2018 sert de boussole. « En 2018, on n’était même pas une dizaine au début. Et les gens circulent, ils voient... le temps qu’un gars claxonne, il revient le lendemain et il dit : "je suis avec vous" », confie-t-il avec espoir.

Pour ces militants de la première heure, le rond-point reste l'outil de pression le plus efficace. « Tant qu’on était restés sur les ronds-points, ça se passait. On faisait peut-être plus peur à l’État en étant sur les ronds-points. Imaginez 10, 20 ou 25 000 ronds-points en France, ce qui est faisable... on peut tout bloquer au même moment. »

 

Cap sur le samedi 17 octobre

Ce rassemblement marseillais n'est que le prélude d'une action plus vaste. Les collectifs de Gilets Jaunes préparent activement un retour massif dans plusieurs départements le samedi 17 octobre.

D’ici là, les militants comptent sur la visibilité de leurs actions quotidiennes pour réveiller les consciences. « On veut vraiment réunir le peuple pour le peuple », conclut le manifestant de l'Estaque.

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