LogoMaritima
LogoMaritima

Marseille

-

Social

Marseille : le lycée Thiers évacué par les CRS, Montgrand toujours bloqué

3min

image

Par Norhène Ouerfelli02/11/2026 à 14:32

C'est une rentrée sous haute tension dans les établissements du centre-ville de Marseille. Dès les premières heures de la matinée ce lundi, les blocus ont repris à l'appel de plusieurs coordinations lycéennes. Si le lycée Thiers a rapidement vu son barrage de poubelles dégagé par les CRS, la mobilisation reste très forte à Saint-Charles et à Montgrand. Devant les grilles fermées, entre cours basculés en distanciel et assemblées générales quotidiennes, les élèves ont confié leurs revendications au micro de Sarah LeGuen pour Maritima.

Pendant que certains élèves attendent sur le trottoir au cas où les cours en présentiel reprendraient dans la journée, d'autres s'organisent pour faire entendre leur voix. Au cœur des préoccupations : le manque criant de moyens dans les salles de classe, l'inflation et les tensions récurrentes avec les forces de l'ordre.

 

Une rentrée rythmée par les assemblées générales et le vote quotidien

À Montgrand, la reprise des actions s'est décidée collectivement dès l'aube. Un lycéen engagé dans le mouvement détaille le fonctionnement démocratique mis en place au sein de l'établissement : « Ce matin il y a eu, après les vacances, la reprise des blocus. On avait décidé sur les groupes au préalable de faire une assemblée générale de 8h à 9h pour décider si oui ou non, avec un vote. On a rassemblé le maximum d'élèves de Montgrand pour savoir si on continuait, le blocus aujourd'hui. On fera ça au jour le jour toute la semaine. On verra au fil du temps si tel jour on continue le blocus ou tel jour on arrête, en fonction des votes. »

Une organisation qui se veut la plus large possible : « L'AG de ce matin avait décidé pour les deux jours, c'est-à-dire aujourd'hui et demain, mais peut-être qu'on aura un vote chaque matin. On aura très régulièrement des décisions de tous les élèves qui participent au blocus ou pas, pour essayer d'avoir un truc vraiment représentatif de l'entièreté de Montgrand. »

 

Montgrand et Saint-Charles mobilisés, Thiers évacué par les CRS

La situation variait sensiblement d'un lycée à l'autre dans le centre de Marseille ce lundi matin. Une lycéenne présente sur les lieux retrace les événements : « À Thiers c'était plutôt basique : on a mis toutes les poubelles, puis on a commencé à faire des chants et des slogans, puis on a dû partir sous l'ordre des CRS. Thiers, c'est très contrôlé par les CRS parce que c'est le lycée le plus connu de Marseille. »

Tandis que le barrage de Thiers était dispersé par les forces de l'ordre, le piquet restait particulièrement actif du côté de Saint-Charles : « Mes amis sont allés à Saint-Charles, c'est encore actif pour l'instant. Montgrand et Saint-Charles, c'est les deux plus gros lycées qui revendiquent beaucoup leurs droits. Comme Montgrand avait fermé deux semaines avant les vacances, beaucoup sont allés manifester à Saint-Charles. »

 

« On ne fait pas ça pour rater les cours » : des revendications matérielles urgentes

Face au passage rapide d'une grande partie des enseignements en distanciel, la jeune fille tient à tordre le cou aux idées reçues : « Ils mettent beaucoup de cours en distanciel. Du coup, il y a des gens qui continuent à dire qu'on fait des blocus juste pour rater les cours, alors que pas du tout ! Ce n'est pas du tout ça nos revendications. C'est vraiment pour avoir plus de moyens, plus de profs. Il y a des fuites d'eau, des manques de tables, des manques de chaises, un manque de matériel… On ne peut pas avoir de bons résultats sans le matériel nécessaire. »

Elle insiste avec force sur la légitimité de leur engagement citoyen : « On ne fait pas ça pour rater les cours, nous on n'en a rien à faire de rater les cours ! Au contraire, on manifeste pour un meilleur avenir. Il y a des gens qui passent des examens importants, le bac en fin d'année pour les terminales. On veut vraiment un meilleur avenir et c'est pour ça qu'on manifeste. »

 

La dénonciation des violences policières et des gazages devant les collèges

Au-delà de la dégradation des conditions d'études, la colère des lycéens s'est cristallisée autour de la gestion du maintien de l'ordre aux abords des établissements scolaires marseillais : « C'est un mélange de la vie chère, du manque de matériels nécessaires dans les lycées et les écoles en général, et contre les bavures policières. On s'est fait gazer ici alors que c'est devant un collège, avec un lycée, des terrasses et des gens qui mangent… Devoir utiliser la force contre des lycéens, je trouve ça inhumain. Le peuple contre le peuple, c'est vraiment stupide, surtout qu'on n'est pas là pour foutre la merde, on est vraiment là pour revendiquer nos droits. »

Une défiance renforcée par des scènes vécues lors des précédentes journées d'action d'octobre : « Moi je rentrais chez moi le 24 octobre et je me suis fait charger alors que j'étais seule dans la rue ! On a l'impression d'être tout le temps encerclés, sous pression, oppressés par les forces de l'ordre alors qu'elles sont censées maintenir l'ordre et non pas frapper les gens. »

Les assemblées générales prévues demain matin détermineront de la poursuite et de  l'amplification du mouvement dans les lycées des Bouches-du-Rhône.

A lire aussi


« On a franchi un cap » :  la CGT Sdis 13 réagit après le drame des Pennes-Mirabeau

Bouches-du-Rhône

-

Social

« On a franchi un cap » : la CGT Sdis 13 réagit après le drame des Pennes-Mirabeau

Marseille : voici les lycées concernés par la mobilisation de ce lundi

Marseille

-

Social

Marseille : voici les lycées concernés par la mobilisation de ce lundi

Bouches-du-Rhône : pourquoi la Banque Alimentaire avance sa Grande Collecte au 6, 7 et 8 novembre

Bouches-du-Rhône

-

Social

Bouches-du-Rhône : pourquoi la Banque Alimentaire avance sa Grande Collecte au 6, 7 et 8 novembre

Rue d’Aubagne : forte mobilisation à la veille du procès en appel

Marseille

-

Social

Rue d’Aubagne : forte mobilisation à la veille du procès en appel

93.6 & 87.9 FM

Abonnez-vous à la newsletter
pour suivre notre activité et obtenir des offres