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Port-de-Bouc : après une réunion au Ministère, l'inquiétude grandit pour les marins de Maritima2min
Par Maritima 28/01/2026 à 17:01
Ils sont les « poumons » indispensables du bon fonctionnement des ports de Fos, Marseille, Toulon et parfois même de Sète. Les navires avitailleurs de la compagnie maritime Maritima assurent l’approvisionnement énergétique des bateaux. Pourtant, malgré ce rôle stratégique, les marins français se disent aujourd’hui sacrifiés sur l’autel de la mondialisation.
Le délégué syndical CFDT de la compagnie maritime Maritima Jean-François Arnoult a été reçu hier à Paris par les représentants du ministère des Transports. Un entretien jugé nécessaire face à ce qu’il qualifie de « période charnière » pour la marine marchande française.
Le Pavillon RIF : « Un laboratoire de la mondialisation »
Au cœur de la colère : l'application des règles européennes et l'utilisation du Pavillon RIF (Registre International Français). Ce dispositif, qui offre des avantages fiscaux importants aux armateurs, permet également l'embauche de marins étrangers sous des conditions sociales que le syndicaliste juge inacceptables.
« On a des marins étrangers sous pavillon africains qui sont dans les ports français et qui travaillent plus de 360 heures par mois pour des salaires misérables de 650 dollars. On parle de gens qui vivent à bord, loin de leur famille, avec des responsabilités lourdes... À ce niveau-là, on n’est pas loin de l’esclavage moderne », s’indigne Jean-François Arnoult au micro de Maritima.
Une concurrence à « armes non égales »
Pour la CFDT, le combat est devenu déséquilibré. Les marins français, protégés par un droit social plus strict, ne peuvent plus lutter face à ces coûts dérisoires. « On part sur le ring avec les mains attachées dans le dos », illustre le délégué.
Les risques à court terme sont massifs : la Méridionale pourrait licencier jusqu’à 450 marins, et Corsica Linea pourrait suivre le même modèle. Pour Jean-François Arnoult, c’est tout un pan de l’économie régionale qui menace de s’effondrer. « Derrière les marins, il y a toute une économie : les ports, la maintenance, la logistique, les chantiers navals et les familles. C’est un vide immense qui se prépare pour Marseille et sa région. »
Vers une mobilisation en février ?
Face à cette « cocotte-minute » sociale, la CFDT, en lien avec les syndicats SAMMM et STC, demande l’organisation rapide d’une table ronde réunissant investisseurs, armateurs, syndicats et représentants de l’État.
Si aucune grève n’est annoncée pour demain, la tension est « palpable ». « On essaie de régler le problème par le haut avant que ça ne dégénère, mais ça commence vraiment à dégénérer », prévient Jean-François Arnoult. Le mois de février sera décisif pour les marins de Port-de-Bouc et de Marseille, qui attendent désormais des réponses concrètes de la part du gouvernement.
Note de la rédaction : La compagnie maritime Maritima, basée à Port-de-Bouc, est une entité totalement distincte du groupe de presse Maritima Médias.
crédit photo JF Arnoult
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