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Société
Sauvons nos tombes : « Il y a besoin qu'on se souvienne d'eux », rappelle Geneanet sur Maritima2min
Par Gilles Fenech18/10/2026 à 10:14
À l’approche de la Toussaint, le projet participatif « Sauvons nos tombes » invite chacun à photographier les sépultures pour éviter que la mémoire familiale ne s'efface. Invitée sur Maritima Radio, Sophie Clamaron, cheffe de projets chez Geneanet, détaille cette immense chaîne de solidarité mémorielle née il y a dix ans.
Derrière chaque pierre tombale, il n’y a pas seulement un nom gravé dans le marbre : il y a une vie, un pan d'histoire locale et des racines familiales. Pourtant, avec les intempéries, l'usure du temps ou la fin des concessions funéraires, des milliers de sépultures tombent dans l'oubli chaque année. Pour contrer cette disparition silencieuse, le site de généalogie Geneanet a initié il y a dix ans un projet collaboratif d'envergure baptisé « Sauvons nos tombes ».
« Sauvegarder la mémoire visuelle de ces tombes amenées à disparaître »
Sophie Clamaron rappelle l’origine et la raison d'être de cette initiative citoyenne : « Le projet "Sauvons nos tombes" est né chez Geneanet, qui est un site de généalogie, il y a 10 ans. Le but était de sauvegarder la mémoire visuelle de ces tombes qui sont amenées à disparaître, soit parce qu'elles sont anciennes, mais aussi des tombes récentes qui peuvent disparaître parce qu'il y a des concessions qui sont très courtes - parfois cinq ans pour les plus courtes, ça passe très vite. »
Cette démarche offre une trace inestimable pour les proches éloignés géographiquement : « Ça permet à des familles qui sont à l'autre bout de la France ou du monde de pouvoir avoir l'image, en tout cas, de cette sépulture à un moment T, parce qu'elle peut aussi évoluer dans le temps : des noms qui se rajoutent ou au contraire des noms qui s'effacent, il y a la mousse, etc. C'est important de sauvegarder cette image. »
Une fois indexées par nom, prénom, commune et dates, ces photographies permettent aux généalogistes amateurs de retrouver la trace d'un aïeul en quelques clics.
Pas seulement les célébrités : hommage aux anonymes
Contrairement aux visites patrimoniales axées sur les figures illustres, le projet accorde la même valeur à chaque individu. « Il y a à la fois les personnalités, mais aussi, comme vous dites, "Monsieur et Madame Tout-le-monde" », souligne Sophie Clamaron. « Parce qu'il y a besoin qu'on se souvienne d'eux, et quand on fait de la généalogie, on recherche tout le monde, des anonymes. »
L'urgence est parfois bien réelle sur le terrain, lorsque des espaces funéraires sont repris : « De temps en temps, il y a des gens qui nous signalent : "Dans ce cimetière, il y a beaucoup de tombes qui vont être relevées, donc il est urgent d'aller les photographier". Parfois, il y a des cimetières qui vont carrément disparaître parce qu'un entrepreneur va récupérer le terrain, par exemple pour le cimetière d'un hôpital ou d'un monastère qui tombe en désuétude et dont on a besoin de récupérer l'espace. Donc là aussi, c'est vraiment urgent de le photographier. »
Photographier ou indexer depuis chez soi : comment participer ?
Accessible à tous sans matériel sophistiqué - un simple smartphone suffit -, l'opération repose entièrement sur le bénévolat. Deux temps forts rythment l'année : le Printemps des cimetières et la période de la Toussaint, moment privilégié où les familles se recueillent. Mais la démarche reste ouverte 365 jours par an. « Il suffit simplement de faire une inscription sur Geneanet pour pouvoir y participer, et ensuite déposer les photos. Ça peut être une photo, cinq photos... Il y en a qui font de manière systématique tout le cimetière, et puis il y en a d'autres qui déposent uniquement leur photo de famille », explique la cheffe de projets.
Pour ceux qui ne peuvent pas arpenter les allées des cimetières communaux, une autre mission essentielle est possible depuis son canapé : l'indexation collaborative. « Il y a ceux qui déposent les photos, et puis il y a ceux qui indexent - parfois ce sont les mêmes personnes qui font les deux -, mais on peut simplement faire de l'indexation derrière son ordinateur, et c'est aussi une participation au projet "Sauvons nos tombes". »
Infos pratiques :
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Site internet : geneanet.org (inscription gratuite).
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Comment faire : téléchargez l'application mobile Geneanet ou déposez vos clichés directement sur la plateforme pour alimenter la base de données collective.
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