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Hausse des carburants : pourquoi le prix de votre permis de conduire va bientôt augmenter

3min

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Par Norhène Ouerfelli18/09/2026 à 19:09

Quand le prix du carburant flambe, les marges des auto-écoles fondent. Alors que le gazole dépasse désormais les 2,40 euros le litre, les écoles de conduite des Bouches-du-Rhône disent ne plus pouvoir absorber seules la hausse. Pour elles, une augmentation des tarifs devient difficile à éviter.

Derrière cette hausse, c’est toute l’économie du permis de conduire qui vacille. À Marignane, Yves Demange, directeur d’une école de conduite CER et représentant des CER des Bouches-du-Rhône, alerte sur une situation devenue, selon lui, difficilement tenable.

Pour les professionnels, chaque heure de conduite représente désormais une dépense supplémentaire qui pèse directement sur leurs marges. Et après plusieurs mois à contenir la hausse pour préserver les candidats, les auto-écoles se rapprochent d’un seuil critique.

 

Des coûts de carburant qui explosent

Dans une auto-école, le carburant constitue une dépense incompressible. Chaque leçon implique plusieurs litres consommés, une facture qui s’alourdit mécaniquement à mesure que les prix grimpent. « C’est complètement plus qu’un coût, c’est un point de non-retour à l’heure d’aujourd’hui », alerte Yves Demange, invité ce soir sur Maritima radio. « Sur le coût d’une leçon, pour vous donner un ordre d’idée, on va consommer environ 4 à 4,5 litres à chaque leçon avec un candidat. Et quand vous avez un surcoût de 50 % du prix du carburant, le coût financier est stratosphérique. Ça nous a fait exploser les marges de manœuvre sur les leçons. »

Une équation d’autant plus délicate que les auto-écoles ne peuvent pas répercuter immédiatement l’intégralité de cette hausse sur leurs tarifs, au risque de rendre le permis encore plus difficilement accessible pour les candidats.

 

Des tarifs maintenus… jusqu’à la limite

Depuis plusieurs mois, certaines structures ont donc choisi d’absorber elles-mêmes une partie du surcoût. Une stratégie qui arrive aujourd’hui à ses limites. « Nous, on a réussi pendant un certain temps à geler les tarifs, on les a complètement bloqués. Moi, je n’ai mis aucune augmentation en place depuis le mois d’avril. À l’heure d’aujourd’hui, nous absorbons absolument tout de façon à laisser aux candidats un tarif qui reste stable », explique le directeur de l’auto-école de Marignane.

Mais cette politique ne pourrait plus durer. « À l’heure d’aujourd’hui, on est sur le point de non-retour, on va être dans l’obligation d’augmenter. Et encore, l’augmentation qu’on a prévue ne couvre même pas le surcoût du gazole actuel », prévient-il.

Pour les candidats, cette situation pourrait donc se traduire prochainement par une nouvelle hausse du coût du permis de conduire.

 

Simulateurs : une économie de carburant, pas une solution miracle

Face à l'envolée des prix, les auto-écoles cherchent également à réduire leur consommation. Les simulateurs de conduite font notamment partie des outils utilisés pour limiter le nombre d’heures passées au volant lors des premières phases de l’apprentissage. « Presque toutes les agences du CER ont des simulateurs. Ça permet de faire travailler les candidats sur des procédures qui sont un peu chronophages et qui nous feraient consommer du gazole pour rien », détaille Yves Demange. Mais leur utilisation reste nécessairement complémentaire aux leçons en conditions réelles. « On ne peut pas faire une formation intégralement sur un simulateur, ce n’est pas envisageable », rappelle-t-il.

 

L’électrique progresse, mais se heurte aux contraintes de recharge

Autre piste régulièrement évoquée : la transition vers les véhicules électriques. Certaines auto-écoles ont déjà franchi le pas. C’est notamment le cas de l’établissement dirigé par Yves Demange, qui dispose de deux véhicules électriques. Mais là encore, les contraintes logistiques limitent les possibilités de développement. « Le souci, c’est qu’on ne peut pas développer plus que ça, puisqu’on a le problème de la recharge. Quand vous êtes sur des enchaînements de huit séances de conduite, le véhicule n’a pas le temps de se recharger et on n’a pas suffisamment de bornes à disposition dans notre établissement », explique-t-il.

La question de l’éco-conduite se heurte, elle aussi, à une réalité pédagogique : avant de chercher à optimiser sa consommation, l’élève doit d’abord maîtriser les fondamentaux de la conduite. « Apprendre à conduire et réussir à avoir suffisamment de dextérité pour appliquer de l’éco-conduite, il faut une forme d’expérience. La priorité reste avant tout l’acquisition du permis », souligne le professionnel.

 

Les auto-écoles réclament un soutien sur le carburant

Au-delà des solutions techniques, la profession pointe surtout l’absence de dispositif permettant de compenser directement la hausse du prix des carburants. « Nous sommes une corporation où nous n’avons aucune détaxe de carburant. Nous payons le carburant plein pot comme tout particulier », déplore Yves Demange, qui représente les CER des Bouches-du-Rhône. Pour lui, cette situation pèse directement sur le coût de la formation. « C’est un point très important dans notre fonctionnement et dans le coût du permis, mais nous n’avons aucune aide, absolument aucune. »

À mesure que les prix à la pompe s’envolent, les auto-écoles se retrouvent donc prises entre deux impératifs : préserver l’accès au permis pour les candidats et maintenir leur propre équilibre économique. Un équilibre qui, selon les professionnels du secteur, devient chaque jour plus difficile à tenir.

 

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