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Société
"On va vers la fermeture" : l’alerte de la préfète de police contre les dérives des épiceries de nuit à Marseille3min
Par Maritima 01/04/2026 à 10:01
Le bras de fer continue entre la préfecture de police et certaines épiceries de nuit marseillaises. Après une brève accalmie en fin d'année dernière, la préfète de police des Bouches-du-Rhône, Corinne Simon, a été contrainte de reprendre un arrêté restrictif face à la multiplication des nuisances. Invitée ce matin au micro de Maritima Radio, elle dresse un bilan sans concession : entre tapage nocturne, ventes illicites et soupçons de blanchiment, la police ne compte plus laisser passer aucune dérive.
Le retour de l'arrêté préfectoral : "Une cohabitation devenue impossible"
Depuis le 1er mars, et jusqu’au 30 mai prochain, un nouvel arrêté encadre strictement l’activité des épiceries de nuit dans plusieurs secteurs de Marseille. C’est le sixième acte de ce type en un an. Pourtant, Corinne Simon avait tenté de desserrer l’étau en fin d’année 2025.
"J’ai souhaité ne plus prendre d’arrêté parce qu’il y avait eu une nette amélioration", explique la préfète au micro de Didier Gesualdi. "Mais dès que j'ai enlevé l'arrêté, j'ai de nouveau eu de nombreuses plaintes de riverains, de nombreux appels au 17 et des interventions de police. J'ai été contrainte d'en reprendre un pour assurer la tranquillité des habitants."
Déjà 10 avertissements et une fermeture imminente
La préfète de police l'assure : la pédagogie a ses limites. Les contrôles se sont intensifiés tout au long du mois de mars, avec des résultats probants mais inquiétants.
"En un mois, j’ai déjà adressé plus de 10 avertissements, ce qui est considérable", souligne Corinne Simon. La règle est claire et les sanctions vont tomber : "Au bout de deux avertissements, c'est la fermeture. Une fermeture va d'ailleurs être prononcée prochainement."
Les secteurs ciblés, comme celui de la Blancarde, ne sont pas choisis au hasard. Ils sont déterminés en fonction du nombre d'appels à la police et des rixes constatées devant ces commerces.
Protoxyde d'azote, stupéfiants et blanchiment : la face sombre des épiceries
Au-delà du simple tapage nocturne, la police pointe du doigt des activités bien plus graves. Si toutes les épiceries ne sont pas concernées, certaines servent de paravent à des trafics illicites.
"Certaines vendent des cigarettes, de l'alcool, des médicaments, du protoxyde d'azote ou même des stupéfiants comme le cannabis", révèle la préfète. Le volet financier est également sous haute surveillance. Interrogée sur d'éventuels réseaux de blanchiment d'argent, Corinne Simon confirme travailler en étroite collaboration avec la police judiciaire : "Il peut y avoir des suspicions pour certaines épiceries, comme pour d'autres commerces. C'est un travail que nous faisons au quotidien."
"La balle est dans le camp des épiciers"
Malgré la fermeté affichée, la préfecture de police maintient un dialogue avec les représentants des commerçants. "Je reçois les responsables des épiciers pour expliquer pourquoi je prends ces arrêtés. Il y a énormément de pédagogie", tempère la préfète.
Cependant, le message de fin reste un avertissement sans frais : si le respect des règles n'est pas au rendez-vous au 30 mai, la préfecture n'hésitera pas à prolonger ou élargir les secteurs d'interdiction. "La balle est dans le camp des épiciers."
Lire aussi. Marseille : près d'une épicerie de nuit sur deux vendrait illégalement cigarettes de contrefaçon ou puffs
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