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Halte Soins Addictions à Marseille : face au crack « on ne peut plus rester les yeux bandés », pour Médecins du Monde

3min

Par Maritima 28/05/2026 à 08:30

Face à l'urgence sanitaire et sociale dans l'hypercentre de Marseille, le projet de Halte Soins Addictions (HSA) sort de l'ornière. Porté par le "Projet Tempo" et soutenu par une alliance inédite d'institutions et d'associations, ce dispositif vise à répondre à la prééminence du crack. Didier Febvrel, délégué régional de Médecins du Monde, s'est confié au micro de Maritima sur ce tournant majeur.

C'est un dossier brûlant qui pourrait enfin trouver une issue. Longtemps bloquée, la création d'une Halte Soins Addictions (anciennement appelée "salle de consommation à moindre risque") à Marseille est de nouveau d'actualité au sein d'un projet global. Pour Didier Febvrel, invité de Didier Gesualdi ce matin, cette relance est une nécessité absolue face à la dégradation de la situation dans les quartiers de Belsunce et de la Gare Saint-Charles.

 

Le "Projet Tempo" : une réponse globale au crack

Si le nom de "Halte Soins Addictions" reste au cœur du dispositif, il s'inscrit désormais dans une ambition plus large baptisée Projet Tempo. L'objectif est de coordonner l'ensemble des structures de maraudes et de réduction des risques. « Le contexte de la consommation a changé avec la prééminence du crack, de plus en plus présent. On ne peut plus nier le problème, on ne peut plus rester les yeux bandés ou tourner le regard. Il faut se colter ce problème avec l’ensemble des institutions », martèle Didier Febvrel.

Le Projet Tempo s'appuie sur un diagnostic précis et une cartographie des usages réalisée par la coordinatrice Marianne Poisson. Le constat est sans appel : entre 200 et 500 personnes, de plus en plus jeunes et incluant de nombreuses femmes, sont en situation de grande précarité dans l'hypercentre.

 

Santé et sécurité : « Sortir les usagers de la rue »

L'une des grandes nouveautés de cette mouture est l'intégration des questions de tranquillité publique. Conscient des craintes des riverains et des commerçants, Médecins du Monde prône un dialogue constant avec la police et la justice. « Il faut que ce projet soit global : addiction, soin, social, mais aussi tranquillité publique. On doit répondre aux inquiétudes des riverains. On ne pourra pas faire ce projet contre la population, il faut lui faire admettre qu'il le faut aujourd'hui pour sortir ces personnes de la rue. »

Pour Didier Febvrel, l'expérience parisienne et européenne montre que l'hébergement et le soin curatif sont les seuls leviers efficaces : « Il faut que les maraudes continuent, mais il faut aussi que le relais soit pris par la puissance publique sur l'hébergement et l'accès aux droits. »

 

Un consensus institutionnel inédit

Pour la première fois à Marseille, tous les acteurs semblent ramer dans la même direction. De l'Agence Régionale de Santé (ARS) à l'AP-HM, en passant par la Préfecture et la Ville de Marseille (représentée par Michèle Rubirola et Anthony Gonçalvès), le consensus est là.

« C’est la première fois depuis que je suis à Marseille que je vois toutes les structures de réduction des risques présentes autour de ce projet. Il y a un alignement de planètes », se réjouit le délégué régional.

Désormais, le regard se tourne vers le gouvernement. « Il faut que l’État remonte vers le national pour dire : "Attendez, il nous faut des moyens maintenant". On n'est pas des agitateurs, on est des proposants. On propose une solution qui existe et qui est efficace », conclut Didier Febvrel, rappelant que Marseille est pionnière en matière de réduction des risques depuis plus de 30 ans.

 

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