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Tourisme à Marseille : derrière des hôtels presque complets, les restaurateurs face à la crise3min
Par Norhène Ouerfelli22/07/2026 à 07:00
Alors que le littoral provençal enregistre des taux de remplissage records cet été, le bilan est plus nuancé pour les professionnels du secteur. Nicolas Guyot, vice-président de l’UMIH 13, décrypte au micro de Maritima ce "paradoxe estival" : si les hôtels font le plein, les restaurateurs tirent la sonnette d'alarme face à un budget vacances de plus en plus serré.
Marseille, capitale touristique ? Le chiffre de 95 % de taux de remplissage dans l’hôtellerie phocéenne donne le tournis. Mais cette réussite cache des disparités profondes, tant géographiques que sectorielles. Pour Nicolas Guyot, vice-président de l'Union des Métiers et des Industries de l'Hôtellerie (UMIH) dans les Bouches-du-Rhône, l'attractivité de la région est solide, mais les habitudes de consommation changent radicalement.
Un littoral porté par l'histoire et l'accessibilité
Si Marseille brille, c’est l’ensemble du littoral qui profite de l’engouement estival. Selon Nicolas Guyot, ce succès est le fruit d’une stratégie de long terme : « C’est une activité estivale que nous connaissons depuis des années, accentuée en 1998 avec l’arrivée du TGV en 3 heures depuis Paris, et des faits marquants comme Marseille Capitale Européenne de la Culture en 2013 ou le renouveau de l’aménagement de nos plages. »
Pourtant, dès que l’on s’éloigne du bord de mer ou du centre-ville, les chiffres retombent. La canicule et le manque d'équipements spécifiques (piscines, complexes de loisirs) rendent l'arrière-pays moins compétitif en pleine période de fortes chaleurs.
« La restauration subit de plein fouet la crise »
C’est le point noir de cette saison 2026. Malgré l'affluence, les terrasses ne font pas toujours le plein. Nicolas Guyot pointe une baisse significative de la dépense moyenne : « La restauration aujourd’hui est un secteur qui subit de plein fouet la crise, encore plus que l’hôtellerie. Les gens ont tendance à réduire ce poste de dépense pour des raisons budgétaires. »
En cause également, l'explosion de l'offre Airbnb. À Marseille, où la location est limitée à 90 jours par an, les touristes privilégient souvent ces logements pour cuisiner eux-mêmes et éviter l'addition au restaurant. « En plein été, là où on peut vendre les chambres cher, on compte beaucoup plus de Airbnb qu'en hiver, ce qui est au détriment des restaurateurs », regrette le vice-président de l'UMIH 13.
Mobilité douce et coût de l'essence : les nouveaux arbitres
Le profil du vacancier 2026 est plus attentif que jamais à ses frais de déplacement. La hausse du prix des carburants modifie les choix de destinations : « On a plus de clients aujourd’hui qui viennent avec une mobilité douce, comme le train, parce que l’essence coûte cher. Les gens sont de plus en plus sensibles à cela. »
L'enjeu des « ailes de saison » pour réguler les flux
Si les hôteliers restent confiants pour le pic d'activité entre le 14 juillet et le 15 août, l'avenir du tourisme en Provence passera par une meilleure répartition sur l'année. L'objectif est de séduire une clientèle internationale et française en dehors des mois caniculaires. « On travaille pour améliorer les "ailes de saison", de novembre jusqu’à février-mars, dans toutes les destinations de notre région. L’idée est d’avoir une clientèle régulière toute l’année et d’éviter un pic de fréquentation uniquement sur cette période. »
Le défi reste de taille : maintenir la rentabilité malgré la baisse du pouvoir d'achat. « Même si on a du monde, on a une difficulté pour remplir nos chambres à des prix meilleurs », conclut Nicolas Guyot.
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