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Mobilisation des taxis : le syndicat LUTM dénonce une "manipulation politique" avant les élections2min
Par Maritima 28/01/2026 à 10:11
Alors que la profession continue les mobilisations dans la cité phocéenne, le syndicat LUTM (Locataires Union Taxi Marseille) fait entendre une voix discordante. Invité de Maritima Radio ce matin, son porte-parole Saïd Djefafia fustige une mobilisation qu'il juge infondée juridiquement et motivée par des intérêts particuliers.
Les différentes organisations de taxis à Marseille s'opposent cette semaine. D'un côté, une intersyndicale manifeste pour dénoncer des blocages administratifs ; de l'autre, le syndicat LUTM soutient fermement la position de la municipalité.
La location "sèche" : un point de rupture juridique
Au cœur de la discorde : la possibilité de louer une licence (une ADS, une autorisation de stationnement) sans véhicule. Pour Saïd Djefafia, les revendications des syndicats mobilisés hier sont « totalement fausses » au regard du droit.
« L’autorisation de stationnement est rattachée au véhicule. On ne peut pas dissocier les deux, c’est le Code du Commerce (articles L144-1 à L144-3) qui le précise », explique-t-il au micro. Il s'appuie également sur une note de la Préfecture de police de Paris d’août dernier interdisant la "location sèche" pour prévenir les pratiques illégales. « Nous sommes une organisation qui défend les travailleurs, les chauffeurs de taxi, alors que ces organisations sont des sortes d'organisations patronales à l'image du MEDEF. »
"Ils sont obsédés par le prix de leur licence"
Pour le porte-parole du LUTM, le mouvement de grogne ne représente qu'une infime minorité de la profession. Selon lui, « l'action a réuni hier 80 taxis, soit 6 à 7 % de la profession sur les 1115 taxis marseillais ». Saïd Djefafia va plus loin en dénonçant une défense de privilèges financiers plutôt que de conditions de travail : « Ils sont là aujourd'hui uniquement pour défendre le prix de leur licence. Ils sont obsédés par cela, au détriment des travailleurs et des usagers. Le taxi est un service public, ne l'oublions pas. »
Un enjeu politique et structurel
Le syndicat LUTM voit dans cette mobilisation une tentative de manipuler le débat à l'approche des élections municipales. « On voit bien qu’il y a un côté politique. Ces organisations ne veulent pas la réélection du Printemps marseillais [...] Ils veulent que l'ancien système reprenne sa place... et que les magouilles continuent » , lâche Saïd Djefafia.
Pour lui, le véritable problème du taxi marseillais est ailleurs : il réside dans l'absence de création de nouvelles licences depuis 1962, malgré l'explosion du tourisme, en gare et au port de croisière. « On n'est pas capables de créer des applications nationales ou de concurrencer les VTC qui sont parfois trois à quatre fois plus nombreux que nous. Le vrai problème, c'est cette réforme structurelle que le taxi ne veut pas faire. »
Une nouvelle réunion est prévue aujourd'hui en Préfecture, entre les syndicats contestataires, la Mairie et les services de l'Etat. Le syndicat LUTM n'y participera pas.
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