Carry-le-Rouet
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Culture
Tié du Sud : l'incroyable histoire de "La Navarre", le navire naufragé à Carry-le-Rouet en novembre 18824min
Par Pascale Furioli30/11/2025 à 11:30
C'est une histoire méconnue qui mêle naufrage, tempête de mistral et une figure historique dont nous utilisons le nom tous les jours sans le savoir. Dans sa chronique "Les Petites Histoires de Michel Méténier" sur Maritima, notre historien nous a replongés en novembre 1882 pour nous raconter l'échouement du navire "La Navarre" au large de Carry-le-Rouet. Un drame maritime qui a, indirectement, un lien surprenant avec l'invention de nos poubelles.
Un naufrage dans le brouillard au large de la Côte Bleue
Nous sommes en novembre 1882. La Méditerranée au large de Marseille est déjà une "autoroute de la mer", où se croisent pêcheurs, paquebots et navires marchands. Le vapeur "La Navarre", un bateau récent et moderne de la Société Générale des Transports Maritimes à vapeur, effectue son quatrième voyage retour depuis le Brésil. Ses cales sont pleines de café, de laine et de cuir.
Alors qu'il approche de Marseille, un épais brouillard tombe. Le capitaine Guibaud ralentit, fait sonner la corne de brume, mais ne peut éviter l'inéluctable : "Crac, les hauts-fonds, on a touché !", raconte Michel Méténier. Le navire s'échoue au large de Carry-le-Rouet.
Une course contre la montre face au mistral
Dans un premier temps, l'heure n'est pas au drame. La priorité est donnée aux passagers : "On va sauver les passagers, plus de 1000, sans aucun problème", explique l'historien. La compagnie espère ensuite pouvoir récupérer la précieuse cargaison. Mais c'était sans compter sur un ennemi redoutable : le mistral.
Le 14 novembre au soir, le vent se lève avec une violence inouïe. La houle rend toute approche impossible. Les jours suivants, le navire, pilonné par les vagues, se remplit d'eau. Un scaphandrier descend et constate les dégâts : la cale est inondée. Si une petite partie de la cargaison (et du café ayant "pris un peu d'eau") est sauvée, l'essentiel est perdu.
L'intervention d'un préfet nommé... Eugène Poubelle !
Face à ce naufrage et au risque de pollution, le préfet de l'époque prend un arrêté pour obliger la compagnie à nettoyer la côte. Et ce préfet, comme le révèle Michel Méténier, n'est autre qu'un certain Eugène Poubelle ! Un an plus tard, en 1883, muté à Paris, il imposera aux habitants d'utiliser des boîtes métalliques pour leurs ordures, qui prendront rapidement son nom. L'échouement de La Navarre est donc l'un des derniers actes administratifs en Provence de "Monsieur Poubelle".
Une épave devenue un spot de plongée
Que reste-t-il de "La Navarre" aujourd'hui ? Si une partie du navire a été découpée et récupérée à l'époque, une autre est restée au fond. "Elle est toujours au large de Carry", confirme l'historien, "et c'est un spot de plongée sous-marine extraordinaire, avec quantité de poissons". Un destin inattendu pour ce navire, immortalisé également par neuf tableaux du célèbre peintre marseillais Jean-Baptiste Olive.
Plus d'épisodes des Petites Histoires de Michel Méténier
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