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"Prendre son envol" : à Marseille, les jeunes testent les métiers de l'aéronautique avec "Horizon Aéro"3min
Par Maritima 19/02/2026 à 17:34
Le gymnase Ruffi (3e) s'est transformé ce jeudi en véritable cockpit technologique. Pour son "Fil Rouge", Maritima a suivi l'événement "Horizon Aéro", où la Fédération Léo Lagrange et Boeing France font découvrir les coulisses de l'aéronautique aux 13-25 ans. Entre simulateurs de vol et réalité virtuelle, récit d'une journée où les vocations décollent.
Exit les salles de classe classiques. Ce jeudi 19 février, c’est au milieu des vrombissements simulés et des casques de réalité virtuelle que l’avenir se dessine. Notre reporter Michel Montagne a pris les commandes depuis le gymnase Ruffi pour nous faire vivre cette immersion unique.
« Ouvrir tous les possibles »
Né en 2022 d'un partenariat entre la Fédération Léo Lagrange et Boeing France, Horizon Aéro a un objectif clair : casser les barrières.
« On veut concourir à l’émancipation et à la formation de tous, tout au long de la vie », explique Vincent Séguéla, directeur général de Léo Lagrange. « L'idée n'est pas de tracer un seul chemin, mais d'ouvrir toutes les routes. »
Car l'aéronautique, ce n'est pas que le pilotage. Jean-Marc Fron, directeur général de Boeing France, rappelle l'ampleur des besoins : « On prévoit un doublement de la flotte mondiale d'ici 20 ans. Il faut construire, concevoir, entretenir. On a besoin d'ingénieurs, de mécaniciens, de contrôleurs aériens, mais aussi de métiers au sol. C'est tout ce panel que nous présentons aux jeunes aujourd'hui. »
La tech au service de l'orientation
Pour capter l'attention d'un public de 13 à 25 ans, les organisateurs misent sur l'interactivité.
Guillaume et Stéphanie, le premier, responsable du pôle animation/jeunesse et la seconde, coordinatrice à la formation auprès des adolescents, tous deux auprès de Léo Lagrange, encadrent les ateliers.
« On utilise l'immersion pour dédramatiser les métiers », précise Guillaume, sachant que beaucoup de jeunes, souvent en déficit de confiance voire en plein doute, ont tendance à "s'autocensurer" en estimant - à tort - que des filières comme l'aéronautique ne leur sont pas destinées.
L'un des succès de la journée ? La "chasse aux risques" en réalité virtuelle. Les jeunes sont plongés dans un entrepôt et doivent identifier les dangers qui menacent les salariés (risque de chute, charges trop lourdes, perte d'audition...). « On a des jeunes qui arrivent un peu en retrait et qui, une fois le casque retiré, sont ravis d'avoir appris en s'amusant », se réjouit Stéphanie.
Autre atelier prisé, le simulateur de vol d'un Boeing 737, fabriqué de toutes pièces par Jean-Michel Capron, pilote et autodidacte qui en a conçu six autres.
Celui qui a fondé l'association DécouvAIRtes il y a maintenant près de 10 ans le souligne, ce simulateur ne doit pas être perçu par les jeunes comme un jeu vidéo,
Dans son briefing, et pour les mettre dans un état d'esprit proche de celui d'un vrai pilote de ligne, Jean-Michel leur demande de faire preuve d'empathie en imaginant qu'il transporte avec eux durant leur "vol" des centaines de passagers... dont des membres de leur famillle !
Argument qui fait systématiquement mouche et déclenche chez l'apprenti pilote un niveau de concentration a priori inattendu.
Et à cet exercice, c'est une jeune fille qui s'en est le mieux sortie alors qu'à l'inverse, c'est un garçon, peut-etre trop fan de GTA, ce jeu vidéo axé sur la violence routière, qui a provoqué le crash de son avion.
Des vocations inattendues
Parmi les participants, Doria (19 ans) et Yasmina (18 ans), accompagnés par l'association de mentorat Télémaque, ne cachent pas leur surprise. « Je voulais être infirmière à la base », confie Yasmina au micro de Maritima. « Mais venir ici m'ouvre beaucoup de portes. J'ai découvert des activités que je ne pensais pas apprécier. On se rend compte que ces métiers sont beaucoup plus accessibles qu'on ne le croit. »
Même constat pour Doria, impressionnée par le réalisme des simulateurs : « On a vraiment l'impression d'y être ! Ça permet d'avoir de l'imagination pour des filières qu'on ne connaît pas forcément. »
Marseille, terre d'envol
Alors que le secteur industriel et aéronautique recrute massivement sur le territoire, Horizon Aéro fait office de passerelle entre les structures d'insertion (comme la Mission Locale ou encore les centres sociaux...) et le monde de l'entreprise.
L’événement s'est terminé à 17h. Pour les jeunes Marseillais en quête d'avenir, ça été l'occasion de venir tester leur futur métier... ou tout simplement de s'offrir un premier vol stationnaire.
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